Gérald Darmanin arrive à La Réunion ce vendredi 20 février dans un climat tendu. Le garde des Sceaux débarque sur un territoire où la justice manque de moyens et où les prisons affichent complet.
Les chiffres donnent le vertige : seulement 5,79 juges et 1,87 procureurs pour 100 000 habitants dans la cour d'appel Réunion-Mayotte. Bien loin des standards nationaux et européens. Depuis 2023, huit postes ont été créés. Pour 2026, l'horizon se bouche avec des budgets gelés alors que les dossiers s'empilent.
Cette pénurie bloque la machine judiciaire. Les procédures traînent, les audiences s'entassent. Les personnels vivent dans une « tension permanente », rapportent les syndicats. Les juridictions ne tournent « jamais à effectif complet ».
Côté prisons, quelques annonces concrètes sortent du chapeau. Un établissement modulaire de 50 places sortira de terre en 18 mois, contre sept ans pour une prison classique. Trente-six postes de sécurité pénitentiaire verront le jour d'ici deux ans : dix-sept à Domenjod, seize au Port, sept à Saint-Pierre. Une enveloppe de deux millions d'euros viendra financer ces mesures.
Mais des dossiers brûlants restent sans réponse. Rien sur la réhabilitation de la prison de Saint-Pierre, saturée à 121 %. La création d'une unité psychiatrique reste floue. « Le ministre ne consacrera qu'un peu plus de deux heures aux magistrats de La Réunion et de Mayotte », regrette Jasmine Hoefler, déléguée régionale du Syndicat de la magistrature.
Cette visite express concentre tous les espoirs : ceux d'une justice qui attend des renforts d'urgence.


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