Un élève de La Réunion, évincé de la police nationale en raison de son diabète, vient de remporter une victoire juridique significative. Le 22 janvier 2026, le tribunal administratif de Rennes a annulé la décision du ministère de l'Intérieur, ordonnant sa réintégration à l'école nationale de police de Saint-Malo. Cette décision met fin à une exclusion jugée injustifiée et appliquée « par principe ».
La juridiction a rendu un jugement définitif, annulant l'arrêté du 28 avril 2025 qui avait mis un terme à la scolarité de cet élève gardien de la paix pour « inaptitude physique définitive ». Le tribunal a également enjoint l'État à réintégrer l'élève dans un délai d'un mois.
Ce jugement fait suite à deux interventions d'urgence de la justice, qui avaient suspendu les décisions administratives précédentes. Cette fois-ci, les juges ont tranché sur le fond. Ils reprochent au ministère son approche générale du diabète de type 1, sans évaluation individuelle de la situation médicale de l'élève, contrairement aux exigences légales.
Le tribunal observe que l'administration a fondé sa décision sur un « raisonnement abstrait », considérant que le diabète insulino-dépendant était incompatible avec le métier de policier. Or, les certificats médicaux fournis attestent d'une pathologie stable, sans complications, et compatible avec une activité physique intense. Cette analyse rejoint les arguments de la défense, qui avait déjà souligné que ce cas n'était pas isolé et dénonçait une exclusion systématique des personnes diabétiques.
L'avocate du requérant, Me Barrault, avait rappelé qu'aucune pathologie ne peut justifier à elle seule une inaptitude définitive. L'administration doit évaluer chaque situation concrètement, en tenant compte de la gestion de la maladie et des aménagements possibles.
Le tribunal pointe ce manque d'examen individualisé. Les juges notent que le ministère n'a pas démontré en quoi l'état de santé de l'élève l'empêcherait de remplir les missions d'un gardien de la paix. En conséquence, l'éviction a été annulée.
Cette décision intervient alors que le ministère de l'Intérieur maintient sa position sur l'exclusion des personnes diabétiques insulino-dépendantes lors de la visite médicale initiale. Il justifie cette politique par la nécessité de préserver la capacité opérationnelle de la police. Ce désaccord avec la justice administrative ouvre des questions sur l'avenir des procédures d'évaluation médicale dans ce domaine.
Il reste à savoir si le ministère fera appel de cette décision.


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