Le tribunal correctionnel de Saint-Denis examine une affaire de harcèlement moral et sexuel au sein d'une entreprise. Jean-François C., le dirigeant, conteste les accusations formulées par plusieurs salariées et anciens employés.
L'audience a duré près de quatre heures. Tout commence en 2018 quand le parquet de Saint-Pierre reçoit une lettre qui dénonce des comportements inappropriés dans l'entreprise. L'auteur, John*, fait part de la pression constante que lui fait subir son employeur depuis un an. Une enquête s'ouvre. D'autres plaintes suivent, cette fois au parquet de Saint-Denis.
John*, à bout, raconte les humiliations répétées, les reproches sans fondement et les menaces de licenciement. Il s'arrête pour burn-out le 22 janvier 2018 et ne reprendra jamais son poste.
Les enquêteurs interrogent plusieurs salariés, qui confirment un climat de travail délétère. Les témoignages rapportent des propos injurieux, des critiques injustifiées et des menaces constantes. Certains témoins laissent même entendre que le dirigeant aurait chargé des employés de surveiller leurs collègues.
Le dossier comprend aussi des accusations de harcèlement sexuel contre quatre femmes salariées. Elles décrivent des comportements déplacés : SMS suggestifs, attouchements et propos inappropriés. L'une d'elles rapporte une proposition explicite du dirigeant, une autre évoque des gestes déplacés.
Les victimes décrivent un schéma qui se répète : une phase de séduction puis un changement brutal d'attitude. Plusieurs ont dû cesser de travailler pour raisons de santé, l'une d'elles ayant même obtenu la reconnaissance de maladie professionnelle.
À la barre, Jean-François C. nie en bloc. Il évoque un complot orchestré par un ancien cadre. Il reconnaît être colérique, mais réfute toute insulte ou comportement inapproprié.
La procureure relève la cohérence des témoignages et y voit un système de harcèlement. Elle requiert deux ans d'emprisonnement avec sursis probatoire, une obligation de soins et des dommages et intérêts pour les victimes.
La défense plaide l'innocence de son client. Elle avance que certains plaignants nourrissaient des griefs personnels contre lui. Jean-François C., sans antécédents judiciaires, attend le délibéré prévu le 3 mars prochain.


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