Le mardi 27 janvier, Éric Thien-Ah-Koon, ancien directeur de plusieurs magasins Intermark, a comparu devant le tribunal de police de Saint-Pierre. Il est poursuivi pour avoir enfreint l'arrêté préfectoral de 1966 qui encadre le travail dominical dans les commerces alimentaires. Les débats ont principalement porté sur la validité de cet arrêté, et le jugement a été mis en délibéré au 24 mars.
Après deux renvois, ce procès a finalement eu lieu, mais les avocats d'Éric Thien-Ah-Koon ont rencontré des obstacles. Un recours déposé en 2024 contre l'arrêté de 1966 attend toujours une réponse du tribunal administratif. Ce texte oblige les employés à arrêter de travailler à midi le dimanche et leur interdit de reprendre avant le lundi midi.
En juillet 2023, l'inspection du travail a découvert que les salariés d'Intermark travaillaient jusqu'à 12 h 45 le dimanche et étaient aussi présents le lundi matin. Au total, 879 infractions ont été relevées dans cinq magasins. Éric Thien-Ah-Koon a alors reçu une mise en demeure qu'il a décidé d'ignorer, comptant sur l'aboutissement de négociations en cours.
Les avocats d'Éric Thien-Ah-Koon ont attaqué l'arrêté de 1966 sur plusieurs fronts. À l'audience, Me Sarmila Sadassivam a demandé l'annulation du texte, invoquant un manque de transparence dans les consultations du préfet. Me Iqbal Ahkoun a pour sa part rappelé que la loi Macron de 2015 autorise un service jusqu'à 13 h le dimanche dans la grande distribution, ce qui remet en cause la légitimité de l'arrêté de 1966.
La procureure a de son côté affirmé que les infractions étaient indiscutables et réclamé 3.750 euros d'amende contre Éric Thien-Ah-Koon et 176.800 euros contre ses sociétés. Le tribunal rendra sa décision le 24 mars 2026.


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