Le préfet Patrice Latron a ordonné la fermeture pour quatre mois du PMU Chez Maly, en raison de son implication supposée dans un trafic de stupéfiants, selon la loi contre le narcotrafic promulguée en juin 2025. Mais les faits reprochés au gérant remontent à avant cette date, ce qui pose question.
Cette affaire fait écho à celle du PMU Les Flibustiers du Moufia, dont la réouverture a été ordonnée par le tribunal administratif de La Réunion, malgré la décision de fermeture du préfet. Ce mercredi 7 janvier, le tribunal a examiné une situation similaire concernant le PMU Chez Maly.
Le juge des référés doit rendre son ordonnance dans les jours qui viennent. Les premiers éléments laissent entrevoir une remise en cause des décisions préfectorales. Le gérant de l'établissement, ouvert depuis un an, a plaidé sa bonne foi et n'est pas poursuivi dans cette affaire de blanchiment d'argent.
Pour l'avocat de la défense, Me Laurent Benoiton, la chronologie des événements compte. Le préfet a rendu un arrêté de fermeture le 28 novembre, alors que les faits en question se sont déroulés en avril et mai 2025. Le gérant, absent lors des encaissements, avait laissé deux employés traiter les demandes de retrait.
Les encaissements, dépassant 15 000 euros, ont été effectués par un individu désormais poursuivi pour blanchiment d'argent. Le gérant n'aurait pas vérifié suffisamment l'identité de ce dernier, qui avait fourni une pièce d'identité validée par un scanner.
Me Benoiton conteste la justification de cette fermeture : les faits ne constituent pas un trouble à l'ordre public, d'autant que la loi sur le narcotrafic n'était pas applicable à ce moment-là. Il insiste sur les conséquences économiques néfastes pour l'établissement et ses employés.
La préfecture, de son côté, considère que l'urgence d'agir se justifie par des soupçons d'activités illégales, même sans preuve comptable pour étayer cette décision. Au tribunal, les représentants de l'État ont affirmé que la fermeture n'était pas une sanction, mais une mesure préventive, une déclaration qui a fait réagir le juge.
Ce dernier a demandé à la défense de fournir des éléments financiers pour justifier une éventuelle réouverture, alors que le gérant n'est pas en mesure de présenter un bilan comptable pour ses activités passées.
La situation du PMU Chez Maly pose des questions sur l'application des lois et les droits des commerçants face aux décisions administratives.


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