Le CHU de La Réunion a présenté mardi 23 juin ses résultats financiers pour 2025 : son déficit s'établit à 40,3 millions d'euros, contre 69,1 millions en 2024. En douze mois, près de 29 millions d'euros de pertes ont été résorbés, soit une réduction de 42 %.
Pour un établissement qui figurait parmi les plus fragilisés du pays, le signal est net. La capacité d'autofinancement repasse en territoire positif à 6 millions d'euros, après avoir été négative de 25 millions l'année précédente. Le CHU retrouve ainsi la faculté de financer une partie de ses investissements sur ses propres ressources.
Cette amélioration tient d'abord à la hausse de l'activité médicale. Les recettes liées aux soins ont progressé de plus de 6 %, et les financements nationaux alloués aux missions d'enseignement, de recherche et de recours ont également augmenté. Du côté des charges, la masse salariale n'a crû que d'environ 1 % malgré la hausse des cotisations retraite, tandis que les charges générales et hôtelières ont été allégées de près de 8 millions d'euros.
Les délais de paiement aux fournisseurs ont aussi reculé, passant d'environ 150 jours à une centaine de jours.
Le directeur général de l'Agence régionale de santé, Jean-Jacques Coiplet, a annoncé un soutien financier supplémentaire d'au moins 11 millions d'euros en 2026 pour accompagner le redressement. La direction du CHU rappelle que le retour à l'équilibre n'est pas envisagé avant 2028 et que les efforts devront se poursuivre dans les prochaines années.


8 commentaires
Moi ce que j'attends surtout c'est que les délais de paiement s'améliorent pour tout le monde, parce que quand le CHU met 150 jours pour payer ses fournisseurs, c'est toute une chaîne qui trinque. J'ai une cliente qui livre des produits d'entretien à des établissements publics et elle m'en parle souvent, ça l'a mis à genoux plus d'une fois. Cent jours c'est encore long, mais si c'est la direction que ça prend, allez.
@Marie, je partage ton analyse. J'ai bossé deux ans près de Nantes avant de venir ici, et j'ai vu un hôpital régional se débattre avec des chiffres comparables. Ce qui faisait la différence, c'était exactement ce que tu décris : une direction qui tient un cap lisible d'une année sur l'autre. Passer d'une capacité d'autofinancement négative de 25 millions à positive de 6 millions en douze mois, ça ne s'improvise pas. Ma seule interrogation c'est sur la durabilité : le soutien de l'ARS en 2026 va aider, mais si la hausse d'activité ralentit un peu, est-ce que la structure tient ?
J'ai vu ce CHU grandir depuis des décennies. Le chemin parcouru est réel, même si 2028 reste loin.
@Patrick974, t'as raison qu'il reste du chemin, mais dans mon secteur quand on voit une boîte réduire ses pertes de moitié en un an, on dit que la direction fait le job. 2028 c'est pas si loin si le cap est tenu.
Ce qu'on oublie souvent dans ce type d'annonce, c'est la distinction entre redressement comptable et redressement organisationnel. Réduire les charges hôtelières de 8 millions, c'est bien, mais il serait utile de savoir si cela s'est fait sans dégradation des conditions de travail du personnel soignant, qui sont déjà sous tension depuis longtemps. Les indicateurs financiers ne racontent qu'une partie de l'histoire. Je note aussi que l'article ne mentionne pas l'évolution du nombre de lits ou de l'accès aux soins pour les populations les plus éloignées, ce qui serait pourtant un indicateur tout aussi révélateur du redressement réel de l'établissement.
Alé, une bonne nouvelle pour le péi-la !
Le signal est encourageant, c'est indéniable. Mais il faut quand même relativiser : 40 millions de déficit résiduel sur un seul établissement, c'est considérable, et le retour à l'équilibre n'est pas attendu avant 2028. La vraie question c'est : est-ce que la hausse d'activité de 6 % est structurelle ou conjoncturelle ? Si elle repose sur un rattrapage post-covid, elle pourrait plafonner assez vite. Les 11 millions annoncés par l'ARS pour 2026 sont bienvenus, mais ça reste un soutien extérieur, pas une autonomie financière retrouvée.
Nous là-haut à Salazie on a pas trop l'habitude d'entendre des bonnes nouvelles ces derniers temps, mais ça fait du bien quand même. Reste à voir si les familles du cirque pourront profiter de ces améliorations, parce que quand on est loin des villes, les soins c'est jamais simple d'accès.