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À La Réunion, 52 % des dossiers de surendettement des outre-mer

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À La Réunion, 52 % des dossiers de surendettement des outre-mer

La Réunion concentre à elle seule plus d’un dossier de surendettement ultramarin sur deux - Crédit Zinfos974 - Société


La Réunion concentre à elle seule plus de la moitié des dossiers de surendettement déposés dans les territoires ultramarins depuis le début de l'année 2026. D'après le baromètre mensuel de l'inclusion financière de l'IEDOM, arrêté fin avril, cette part atteint 52 %, loin devant la Guadeloupe (28 %) et la Martinique (14 %).

Les chiffres bruts témoignent d'une dégradation rapide. En avril, 411 dossiers ont été déposés dans les départements et collectivités d'outre-mer (DCOM), contre environ 336 un an plus tôt, soit une hausse de 22,5 % sur un an. Sur les quatre premiers mois de 2026, 1 484 dossiers ont été enregistrés, en progression de 26,6 % par rapport à la même période en 2025.

Le phénomène va au-delà du seul surendettement. Les inscriptions au Fichier central des chèques (FCC), qui recense les incidents de paiement liés aux chèques et aux cartes bancaires, placent également La Réunion en tête des DCOM, avec 46 % des inscriptions enregistrées en avril. Pour le droit au compte bancaire, l'île représente 55 % des désignations réalisées dans les territoires ultramarins — un indicateur qui reflète les difficultés d'accès ou de maintien dans le système bancaire ordinaire.

Une nuance statistique mérite d'être posée. Rapporté à la population, le taux de dépôts de dossiers dans les DCOM reste légèrement inférieur à celui de l'Hexagone : 2,38 dossiers pour 10 000 habitants, contre 2,64 en France métropolitaine. Mais cette moyenne masque des écarts internes importants, La Réunion concentrant l'essentiel du volume ultramarin dans un territoire déjà marqué par un fort taux de pauvreté, une inflation alimentaire persistante et des charges contraintes élevées.

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6 commentaires

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N
Nadine Saint-Louis 26/05/2026 à 16:13

Moi ce que je vois dans ma boutique, c'est des clients qui paient en plusieurs fois dès 30 euros d'achat, et certains qui reviennent me demander si je peux décaler le règlement de la semaine d'avant. Des gens sérieux, des habitués, pas des mauvais payeurs. C'est ça qui me touche. Le loyer commercial, lui, il attend pas, et la banque non plus. Alors quand je lis 52 %, je suis pas surprise, je suis juste triste.

B
Boug du Lagon 26/05/2026 à 15:24

Ces chiffres me rappellent ce que je vois chaque saison : des familles réunionnaises qui ne peuvent plus s'offrir une sortie plongée, alors qu'elles habitent à cinq minutes du lagon. On parle beaucoup de valoriser le tourisme local, mais si 55 % des désignations au droit au compte viennent de chez nous, on ne parle plus de tourisme, on parle de gens qui galèrent juste à tenir un compte en banque. La mer elle est là, belle, gratuite, et pourtant même ça devient un luxe quand le reste de la vie écrase.

O
Olivier 26/05/2026 à 14:56

Dans le monde agricole on connaît bien le surendettement, les années où la canne est mauvaise ou que les prix chutent, les emprunts de matériel pèsent lourd. Mais ce qui me frappe dans cet article c'est l'histoire du droit au compte, 55 % des désignations ultramarines ici. Sans compte bancaire tu ne peux même pas toucher tes aides, vendre à une coopérative, rien. C'est un cercle vicieux dont on parle pas assez.

M
Mémé Marthe 26/05/2026 à 14:48

De mon temps on achetait ce qu'on avait les moyens d'acheter. Aujourd'hui on achète ce qu'on n'a pas encore les moyens de payer. C'est ça le problème.

T
TataYoyo 26/05/2026 à 14:33

Ça fait peine au coeur de lire ces chiffres. J'ai vu des familles, des gens bien, tomber dans ces situations à cause d'un crédit à la consommation pris pour les fêtes ou une voiture indispensable pour aller travailler. Le problème lé pa fasil à résoudre parce que les besoins sont réels, mais les revenus ne suivent pas. Les jeunes, les marmaille surtout, i fo leur apprendre à gérer l'argent dès l'école, c'est là que ça commence.

F
Fifi430 26/05/2026 à 14:29

Ces données IEDOM mettent en lumière une réalité qu'on voit aussi sur le terrain juridique. Le surendettement au sens strict est encadré par la procédure Banque de France, mais beaucoup de personnes arrivent en consultation bien avant d'en être là, avec des dettes contractuelles qui s'accumulent sans qu'elles aient conscience des voies de recours disponibles. Ce chiffre de 52 % pour La Réunion, rapporté à notre poids démographique dans l'ensemble des DCOM, interpelle vraiment. La nuance sur le ratio par habitant est utile, mais elle ne doit pas servir à minorer la dynamique de dégradation, 26,6 % en quatre mois c'est un signal sérieux.