La CFDT Réunion a adressé un courrier à la presse ce mardi 23 juin pour dénoncer, une nouvelle fois, les conditions de travail chez Reunival, société spécialisée dans le transport de fonds. Un an après une première prise de parole publique sur le sujet, le syndicat dresse un bilan inchangé, voire aggravé.
Au cœur de l'alerte : l'état des véhicules utilisés par les convoyeurs. Selon la CFDT, des salariés circuleraient chaque jour à bord d'engins présentant des défaillances techniques. « Chaque jour, des poubelles ambulantes circulent librement sur nos routes », écrit le syndicat dans son courrier, au ton particulièrement offensif. Le risque ne pèserait pas seulement sur les salariés, mais aussi sur les autres usagers de la route.
Le syndicat pointe également le climat interne. Il évoque un management sous pression et affirme que son délégué syndical fait régulièrement l'objet d'« attaques verbales ». Un incident survenu le 15 avril avec un supérieur hiérarchique est cité en exemple : il aurait entraîné un arrêt de travail de dix jours.
Du côté des autorités, la CFDT dit attendre toujours des réponses concrètes. La préfecture, le CNAPS et la DEAL sont tous mentionnés dans le courrier. Malgré des signalements effectués depuis plusieurs mois, le syndicat affirme n'avoir obtenu ni contrôle ni inspection sur le terrain.
La CFDT dit refuser d'« attendre qu'un drame arrive pour être enfin entendu ».


7 commentaires
En mer, quand ton moteur montre des signes de faiblesse, tu rentres au port. C'est la première règle qu'on apprend. Ces hommes-là, ils n'ont même pas ce choix-là.
J'ai un client chez Reunival, il m'en parle des fois quand je viens lui couper les cheveux. Il rentre épuisé, pas à cause du boulot en lui-même, mais à cause du stress de pas savoir si le véhicule va tenir la journée. Ça m'avait frappée sur le moment, je pensais qu'il exagérait un peu. Apparemment non.
C'est quand même bizarre qu'on contrôle les étals des marchés toutes les deux semaines et que des camions blindés en mauvais état circulent librement sans qu'aucun inspecteur ne se déplace.
Des véhicules défaillants sur les routes de La Réunion, avec les ronds-points et les pentes qu'on connaît, c'est pas anodin. En plus d'un an sans inspection ? En 94 on aurait dit que c'est un problème de sous-préfecture lointaine, mais ici on est en France aussi, les règles sont les mêmes. J'espère que quelqu'un en haut lieu a lu ce courrier.
Ces hommes, ils roulent chaque jour avec de l'argent dans des véhicules qui tombent en morceaux, et personne ne dit rien ? C'est honteux. Moin lé choquée, vraiment. On protège le fonds, et les gens qui le transportent, on s'en fiche ?
Ce qui m'interpelle dans cet article, c'est l'arrêt de travail de dix jours après l'incident du 15 avril. Un choc émotionnel au travail, ça laisse des traces bien au-delà des dix jours officiels. Je vois régulièrement des gens qui reprennent trop vite et qui finissent par s'effondrer vraiment quelques mois plus tard. La pression managériale dont parle le syndicat est un facteur de risque concret, pas juste un ressenti.
Un an après la première alerte et rien n'a bougé. Ça fait des décennies qu'on entend la même chanson dans ce péi : les syndicats crient, les autorités font semblant d'écouter, et on attend qu'il y ait un mort pour que ça bouge enfin. La préfecture, le CNAPS, la DEAL, tous cités dans le courrier, tous silencieux. C'est ça, la vraie violence au travail.