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PTZ Chido à Mayotte : 100 prêts signés, un dispositif encore méconnu

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PTZ Chido à Mayotte : 100 prêts signés, un dispositif encore méconnu

Action Logement Mayotte souhaite relancer l’intérêt autour du prêt à taux zéro après Chido - Crédit le journal de mayotte


Cent dossiers. C'est le chiffre qu'Action Logement Mayotte a choisi de mettre en avant lors d'une matinée organisée pour relancer la visibilité du Prêt à taux zéro (PTZ) Chido, créé après le cyclone pour permettre aux habitants de réparer ou reconstruire leur logement. La centième bénéficiaire, Mossinga Ali, a qualifié la journée d'« exceptionnel ».

Le dispositif permet d'obtenir jusqu'à 50 000 euros sans intérêts, remboursables sur une vingtaine d'années. Il s'applique exclusivement à des projets liés à l'habitat : travaux réalisés par une entreprise ou achat de matériaux pour des réparations effectuées par les particuliers eux-mêmes. « C'est vraiment du taux zéro », a insisté Pierre-Yves Thoreau, directeur général adjoint d'Action Logement Services et gérant d'Action Logement Mayotte, présent pour l'occasion avec Ibrahima Dia, directeur Outre-mer du groupe.

Sur les 300 dossiers déposés depuis le lancement, un tiers seulement a abouti. Les refus tiennent principalement au surendettement ou à la fragilité bancaire des demandeurs. « On a un regard très social sur les dossiers, mais il faut quand même qu'on ait en face de nous un client qui ne soit pas en grande difficulté bancaire », a précisé Pierre-Yves Thoreau. Le dispositif reste ouvert jusqu'au 31 décembre 2027.

Le problème de notoriété est clairement posé. Beaucoup de Mahorais ignorent l'existence du prêt ou doutent de son efficacité. « Il y a un déficit de communication. Les gens ne sont pas au courant que ce prêt existe », a reconnu Ibrahima Dia. Le PTZ Chido représente, selon lui, une « deuxième phase » après les aides d'urgence distribuées juste après le cyclone, qui ont bénéficié à quelque 3 000 familles sous forme de subventions.

Le dispositif présente une autre particularité : il peut être accordé même sans titre de propriété sur le terrain. Une dérogation de taille à Mayotte, où les situations foncières irrégulières sont fréquentes et bloquent habituellement l'accès au crédit. Des mécanismes de vérification permettent malgré tout de confirmer que le logement concerné constitue bien la résidence principale du demandeur. Dans ce cadre, une convention de partenariat sur la régularisation foncière a été signée avec la communauté urbaine lors de cette même matinée.

La journée s'est terminée par une visite à M'Tsapéré, dans le quartier Bonovo, où André a pu reconstruire sa maison après que le cyclone en a emporté la toiture et une grande partie de la structure. L'ancienne bâtisse en bois a laissé place à une maison en dur de quatre pièces. Le coût total est estimé à 150 000 euros par les propriétaires ; un prêt complémentaire d'environ 33 000 euros d'Action Logement a couvert les finitions. « On est rentrés dedans, et malgré les difficultés, on a réussi à aller jusqu'au bout », confie-t-il.

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Mots clés : Cyclone Mayotte Logement

6 commentaires

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L
Lulu 19/05/2026 à 03:30

Comme dit Vavangue, le problème c'est la communication, et ça je connais bien. Moi pour faire connaître mon food truck j'ai dû aller sonner chez les gens, quasiment. Un dispositif comme ça à Mayotte, 50 000 euros à taux zéro pour reconstruire sa maison, faudrait des gens sur le terrain à expliquer, pas juste une matinée événementielle une fois tous les six mois. L'histoire d'André à M'Tsapéré c'est exactement ça, il a tenu bon, mais combien ont abandonné avant même de déposer un dossier parce qu'ils savaient pas que ça existait ?

P
Patrick974 19/05/2026 à 02:56

Ce qui est peu dit dans l'article, c'est que le taux de refus pour surendettement révèle quelque chose de plus profond. Un PTZ à 50 000 euros sans intérêts, c'est une aide extraordinaire sur le papier, mais si la population cible ne passe pas les filtres bancaires minimaux, on touche là une limite structurelle que le prêt seul ne peut pas résoudre. La question n'est pas seulement de faire connaître le dispositif, c'est de savoir si les mécanismes d'accompagnement au redressement financier existent en amont pour que davantage de Mahorais puissent y accéder réellement avant 2027.

S
Sébastien V. 19/05/2026 à 02:46

La dérogation sur le titre foncier est probablement le point le plus significatif de ce dispositif. À Mayotte, la question foncière est un verrou structurel qui bloque l'accès à de nombreux dispositifs de droit commun. Que la convention de partenariat avec la communauté urbaine ait été signée le même jour, c'est un signal intéressant. On verra si la mise en oeuvre suit, ces accords-cadres ont parfois du mal à se traduire en résultats concrets sur le terrain.

Z
Zilo 19/05/2026 à 02:39

100 prêts signés sur 300 dossiers, soit un taux de conversion d'un tiers. Franchement pour un dispositif aussi peu connu, ça dit quand même quelque chose sur la demande réelle qui existe.

V
Vavangue 19/05/2026 à 02:34

Un prêt sans intérêts pour reconstruire, ça existe donc. Mais si les domoun à Mayotte n'en savent rien, le problème c'est la communication, pas le dispositif lui-même. On connaît bien ça dans le circuit court, on a beau avoir un bon produit, si personne n'en entend parler, ça reste sur l'étagère.

K
Kelly 19/05/2026 à 02:30

Ce qui me frappe dans cet article, c'est l'histoire d'André qui confie avoir avancé malgré les difficultés. On sous-estime souvent l'énergie que ça prend de mener un projet pareil en parallèle d'une vie professionnelle. J'aurais aimé qu'on parle aussi de l'accompagnement humain autour de ces dossiers, parce que monter un dossier de prêt quand on est fragilisé, c'est pas rien.