Le Bouclier qualité-prix 2026 a été présenté mercredi en préfecture de La Réunion par le préfet Patrice Latron, en présence des représentants de la grande distribution, des industriels et du transport maritime. Le panier plafonné passe à 403 euros, contre 415 euros l'an dernier, soit un recul de 12 euros. Le nombre de références reste fixé à 175 produits.
Cette baisse s'explique avant tout par des exonérations de TVA appliquées à plusieurs produits du quotidien. « Ces exonérations de TVA, c'est 12 euros de pouvoir d'achat rendu aux consommateurs », a déclaré le représentant de l'État lors de la présentation. Le préfet Latron a salué un dispositif qui « a fait ses preuves depuis de nombreuses années » et qui « participe à la stabilité de nos équilibres locaux ».
La composition du panier ne change pas : environ 70 % de produits alimentaires, 25 % d'hygiène et d'entretien, 5 % de produits infantiles. Près de 40 % des références sont d'origine réunionnaise et représentent plus de la moitié de la valeur totale du dispositif. Un ratio que le président de l'ADIR, Michel Dijoux, a défendu comme « un élément de participation important » pour soutenir l'industrie locale. Il a toutefois mis en garde contre les tensions persistantes sur les coûts des matières premières, du carburant et des emballages, qui pourraient entraîner des demandes de réévaluation tarifaire en cours d'année.
Sur le front du transport maritime, le représentant de l'UMIR a indiqué que les prix du fret sont restés stables malgré les tensions internationales et les surcharges carburant appliquées dans plusieurs territoires voisins de l'océan Indien. Un travail mené avec « les trois premières compagnies mondiales » desservant l'île a permis, selon lui, de ne pas répercuter ces hausses sur les prix des produits du BQP.
Treize ans après son lancement, le dispositif pourrait à terme dépasser le seul périmètre de la grande distribution alimentaire. Le préfet a confirmé que des discussions sont engagées avec les secteurs des assurances, des banques, du numérique et des pièces automobiles, sans préciser d'échéance.


6 commentaires
@Zilo, je me pose la même question sur l'extension numérique. En métropole, les offres fibre et mobile sont régulées différemment selon les zones blanches, mais ici la problématique c'est vraiment le coût de bout en bout depuis le continent. Ce qui m'intéresse surtout c'est le chiffre sur les 40% de références d'origine réunionnaise. C'est un ratio que j'aurais pas forcément vu dans d'autres dispositifs régionaux, et si l'ADIR arrive à tenir cette proportion malgré les tensions sur les matières premières, c'est pas rien.
@Mémé Marthe, vous avez raison. Je me souviens d'un temps où 403 euros c'était un salaire mensuel pour certains ici. Le dispositif existe depuis treize ans maintenant, c'est une longue histoire déjà.
Le fret stable c'est bien sur le papier mais moi je reçois mes fournisseurs et les hausses elles arrivent quand même d'une façon ou d'une autre. Le BQP c'est pour la grande distribution, le restaurateur il se débrouille comme il peut.
J'attends de voir si la partie numérique dont parle le préfet va vraiment se concrétiser. Parce que bon, le BQP sur les abonnements internet ou les smartphones à La Réunion, ça serait franchement utile. On paie encore des tarifs hors de prix pour des offres que les gens métro ont depuis des années. Là i fo vraiment appuyer sur ce chantier, pas juste en parler en conf de presse.
12 euros de moins c'est toujours ça de pris. Mes salariées le sentiront peut-être pas directement, mais chaque euro compte quand on est au SMIC.
Avant, on faisait le marché avec ce qu'on avait dans le jardin. Aujourd'hui on fait des réunions en préfecture pour qu'un panier coûte 403 euros. 403 euros, c'est quand même beaucoup pour beaucoup de monde ici.