Le préfet de La Réunion, Patrice Latron, l'a dit clairement mercredi devant la presse : les automobilistes réunionnais n'auront pas de mauvaise surprise au 1er juin. Sans dévoiler les tarifs définitifs, toujours arrêtés au niveau du ministère des Outre-mer, il a indiqué que les dernières cotations sont « assez rassurantes ».
« Il n'y aura pas de mauvaises nouvelles », a-t-il déclaré en marge de la présentation du Bouclier qualité-prix (BQP) 2026 en préfecture. Une formule prudente, mais volontairement apaisante, alors que chaque publication mensuelle des prix à la pompe est scrutée de près par les Réunionnais.
Le représentant de l'État a tenu à distinguer la situation locale de celle de l'Hexagone, où les tendances récentes montrent une baisse du gazole mais une hausse de l'essence. La différence tient aux circuits d'approvisionnement : La Réunion achète selon les cotations de Singapour, quand la métropole suit d'autres références de marché. « La métropole ne s'approvisionne pas à Singapour », a-t-il rappelé.
Sur la disponibilité des carburants, Patrice Latron s'est montré tout aussi mesuré face aux inquiétudes liées aux tensions au Moyen-Orient et aux routes maritimes internationales. « Je ne dis pas : aucun risque, je dis : aucun problème », a-t-il conclu.
Le préfet a réaffirmé un point qu'il défend depuis plusieurs semaines : « À la date d'aujourd'hui, c'est La Réunion qui, en France, paye le moins cher l'essence et le gazole, Outre-mer et métropole confondus. » Un positionnement tarifaire que l'État avance régulièrement pour relativiser les tensions sur le pouvoir d'achat des ménages réunionnais.


6 commentaires
@Sébastien V., vous avez tout à fait raison, et je pense que comprendre ces mécanismes c'est aussi une forme d'autonomie pour nous en tant qu'indépendants. Quand on sait pourquoi les prix bougent, on anticipe mieux, on gère mieux son énergie et ses ressources. Ce genre d'article lé bon justement parce qu'il donne des clés, même si elles gagneraient à être encore plus pédagogiques.
Pas de hausse c'est bien, mais le vrai problème pour nous dans le BTP c'est pas le prix à la pompe ce mois-ci, c'est la visibilité sur les six prochains mois. J'ai deux camions qui tournent en permanence sur mes chantiers, et quand le gazole remonte de 5 centimes ça change les devis que j'ai déjà signés. On absorbe, on se tait, et on perd de la marge. Le préfet dit qu'on paye le moins cher de France, c'est possible, mais qu'il vienne voir mes factures de fin de mois.
Pas de hausse.
Dans mon taxi hier j'avais un client qui me disait que le prix à la pompe ici lé bon par rapport à ce qu'il paie à Paris, il n'en revenait pas. Moi je lui ai dit, oui mais essaye de vivre ici avec un salaire réunionnais et les trajets que je fais chaque jour. La comparaison avec la métropole elle sert à quoi vraiment, si c'est pour comparer des choses qui ne sont pas comparables.
Bonne nouvelle pour mes livraisons du mois prochain, ça fait partie des postes de coût qu'on surveille en permanence quand on gère une petite structure. Cela dit, la stabilité c'est bien, mais ce qu'on attendrait c'est une vraie visibilité sur plusieurs mois pour pouvoir anticiper nos marges.
La distinction faite par le préfet entre les cotations de Singapour et les références hexagonales mérite d'être mieux expliquée au grand public. Ce mécanisme d'indexation, qui conditionne directement les arrêtés préfectoraux mensuels, reste assez opaque pour la majorité des ménages. Dire que La Réunion paie le moins cher en France, c'est vrai sur la forme, mais ça ne reflète pas le poids relatif du carburant dans le budget d'un foyer ici versus en métropole.