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Manon Aubry défend le POSEI et le FEADER pour La Réunion

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Manon Aubry défend le POSEI et le FEADER pour La Réunion

"J’invite la Commission européenne à venir voir ici ce qu’il se passe" : à La Réunion, Manon Aubry défend le maintien du POSEI - Crédit Zinfos974 - Politique


« J'invite la Commission européenne à venir voir ici ce qu'il se passe. » C'est depuis La Réunion, lundi 25 mai, que l'eurodéputée Manon Aubry (LFI) a lancé cet appel, en marge d'une visite chez des agriculteurs à Sainte-Suzanne. Aux côtés de la présidente de Région Huguette Bello et du vice-président du Parlement européen Younous Omarjee, elle défend le maintien de deux dispositifs européens jugés vitaux pour l'agriculture ultramarine : le POSEI et le FEADER, tous deux menacés par les arbitrages du futur budget pluriannuel de l'Union européenne (2028-2034).

Le fond du problème : Bruxelles envisagerait de fusionner ces fonds spécifiques dans un ensemble de fonds structurels généraux, gérés depuis Paris. Une centralisation « déconnectée des réalités d'un territoire comme celui de La Réunion », selon Manon Aubry, qui n'a pas ménagé la présidente de la Commission : « Si Ursula von der Leyen se rendait auprès des agriculteurs comme j'ai pu le faire, la Commission ne mènerait pas ses politiques de manière aussi déshumanisée. » Huguette Bello, elle, a posé la question autrement : « Comment cela se fait-il que la Commission résiste, alors que tout le monde connaît le travail accompli grâce au POSEI sur les terres de la Réunion ? »

Younous Omarjee ancre le débat dans le droit européen. Il s'appuie sur l'article 349 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne, qui reconnaît les contraintes propres aux régions ultrapériphériques (RUP) et autorise des adaptations spécifiques. Le député rappelle avoir déjà contribué au maintien du POSEI en 2013. « Il n'y a pas de plan B. Ce que nous avons réussi une première fois, nous allons le refaire », a-t-il affirmé. Après le recul de la Commission sur la suppression du dispositif, il a porté une proposition d'augmentation de l'enveloppe, adoptée par le Parlement européen.

Cette hausse s'expliquerait notamment par l'intégration récente de Mayotte parmi les régions ultrapériphériques. « Nous avons un POSEI dimensionné pour des RUP sans Mayotte. Ce n'est que justice qu'il augmente », a soutenu Omarjee. Le montant total pourrait atteindre 7,3 milliards d'euros, soit trois milliards supplémentaires par rapport à l'enveloppe actuelle.

Reste un verrou : le Conseil de l'Union européenne, où le texte doit être adopté à l'unanimité des États membres. Younous Omarjee dit avoir obtenu à nouveau l'engagement d'Emmanuel Macron « la semaine dernière ». Non sans prudence : « Le Conseil reste un grand marchandage. Est-ce que nous serons sacrifiés ? Je ne le pense pas, si le président de la République tient bon. »

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7 commentaires

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N
Nadine Saint-Louis 27/05/2026 à 13:20

Je veux bien que les milliards européens arrivent jusqu'aux agriculteurs, mais moi qui suis commerçante en centre-ville, je me demande si tout ça va finir par avoir un effet sur ce que mes clients dépensent. Quand l'agriculture va mieux, les familles ont un peu plus en poche et ça se ressent en boutique, c'est vrai. Mais là j'ai trois clientes habituelles qui font leurs courses à moitié depuis le début de l'année, les fins de mois sont dures pour tout le monde. J'espère que ces discussions à Bruxelles ne restent pas juste des photos devant les champs.

L
Lastron-Leïla 27/05/2026 à 12:35

Ce que j'aurais voulu voir c'est une vraie captation vidéo de cette visite chez les agriculteurs de Sainte-Suzanne, parce que ce genre de contenu terrain ça marque les gens bien plus qu'un communiqué. Les institutions européennes ont un vrai problème de communication et c'est dommage, le fond du dossier lé bon mais personne n'en parle autour de moi.

P
Polo 27/05/2026 à 12:09

Ce qui m'intéresse c'est de savoir si ces fonds-là arrivent vraiment jusqu'aux éleveurs bovins ici dans l'Est, parce que moi mes fournisseurs sont sous pression depuis des mois et les prix à l'abattoir ne suivent pas. On parle de milliards à Bruxelles mais dans la cave on voit pas la couleur. J'espère qu'Omarjee va aussi se battre pour la filière viande locale, pas que pour les fruits et légumes.

J
Jean-Claude B. 27/05/2026 à 11:55

J'ai eu un agriculteur de Sainte-Suzanne dans ma voiture la semaine passée, il m'a dit qu'il entend parler de ces réunions mais qu'au final il ne sait jamais ce qui se décide vraiment pour lui. Là Macron a donné son engagement, mais comme dit mon client, les engagements c'est bien, les virements c'est mieux. On verra bien ce que ça donne au Conseil.

B
Bichik 27/05/2026 à 11:31

Omarjee l'avait déjà sauvé en 2013. On voit que rien ne change vraiment, ankor les mêmes batailles.

M
Mickaëla 27/05/2026 à 11:29

Ce qui me touche dans cet article, c'est que des gens se mobilisent vraiment pour aller sur le terrain, écouter, comprendre avant de décider. C'est exactement cette posture d'écoute qui manque souvent dans les grandes institutions. Espérons que ça porte ses fruits.

R
Roselyne 27/05/2026 à 11:00

Ici à Salazie, les familles qui cultivent depuis des générations, elles ont besoin de ces aides pour tenir. La saison a été dure, beaucoup de pluie sur les hauts, les chouchous ont souffert, et on attend déjà les prochains arbitrages avec beaucoup d'inquiétude. Si le POSEI passe dans un grand fonds géré depuis Paris, le péi-la sera noyé dans les chiffres, personne ne verra nos réalités de cirque.