Espace membre :

Suivez-nous

Aux Avirons, les impôts augmentent pour la première fois en 39 ans

Partager sur :
Aux Avirons, les impôts augmentent pour la première fois en 39 ans

Aux Avirons, cette hausse d’impôts est inédite depuis près de 40 ans


La commune des Avirons augmente ses taux d'imposition pour la première fois depuis 39 ans. Lors du conseil municipal consacré au budget 2026, la majorité a voté une hausse de la taxe foncière bâtie, qui passe de 29,55 % à 33,61 %. La taxe d'habitation sur les résidences secondaires et logements vacants monte de 12,83 % à 14,59 %. La municipalité souligne néanmoins que la commune affiche toujours les taux les plus bas de La Réunion, juste devant Saint-Denis.

Cette décision s'explique par des finances sous pression. L'exercice 2025 dégage certes un excédent de 1,36 million d'euros, mais la commune a encaissé deux coups durs : un manque à gagner de 309 000 euros sur l'octroi de mer et une baisse de 353 000 euros des financements liés aux emplois aidés. Pour préserver les services, notamment dans les écoles, la mairie a dû puiser dans ses fonds propres. Au total, ces pertes atteignent 662 000 euros. La capacité d'épargne recule de 10,65 % à 3,87 %, et le délai de désendettement s'allonge.

Le budget principal 2026 s'établit à 24,6 millions d'euros, en baisse de 8,04 %. La section de fonctionnement atteint 18,58 millions d'euros (- 1,38 %) et l'investissement 6,02 millions (- 28,61 %). Pour redresser les comptes, la commune entend limiter la hausse de ses dépenses de fonctionnement à 1,93 % en 2026, via une gestion plus stricte et l'externalisation de certains services. Une économie de 350 000 euros est attendue.

« Nous ne pouvons plus, malgré notre volonté, demeurer sur des taux aussi bas. Il est de notre responsabilité de préserver la santé financière à venir de la commune », défend le maire Éric Ferrère. L'édile insiste sur la dégradation progressive des recettes, dans un contexte où les concours de l'État stagnent ou diminuent. « Nous avons encore aujourd'hui des comptes sains, mais les signaux sont là. Notre épargne diminue, notre capacité de désendettement se dégrade. Si nous ne corrigeons pas maintenant, nous risquons de perdre toute marge de manœuvre demain », prévient-il. Le maire évoque le risque d'une mise sous tutelle, qui entraînerait « des hausses bien plus importantes, sans considération pour la situation des Avironnais ». Selon la municipalité, l'effort demandé aux contribuables se situe entre 1 et 15 euros par mois.

L'opposition parle de « rupture historique ». En conseil municipal, Line-Rose Baillif a rappelé le caractère inédit de cette décision. « Depuis 39 ans, les impôts n'ont pas augmenté aux Avirons. Aujourd'hui, nous y sommes », a-t-elle déclaré, ajoutant qu'elle aurait alerté dès 2024 sur la trajectoire financière de la commune. L'élue remet en cause certains choix budgétaires de la majorité et s'oppose à l'externalisation de services, notamment dans l'entretien des bâtiments. « Il y a, malgré tout, des petites et des grandes économies qui pourraient éviter que les impôts des Avironnais augmentent aujourd'hui », a-t-elle insisté.

Nadia Roche Lesquelin va plus loin, dénonçant une « hausse injuste » et une « rupture historique au pire moment ». Elle pointe un contexte social déjà difficile pour les habitants, entre inflation et fin des contrats aidés. « C'est une double peine pour les Avironnais, qui subissent à la fois la baisse de leurs revenus et une augmentation de leurs impôts », estime-t-elle. L'opposition réclame un audit des finances communales et reproche à la majorité de n'avoir pas suffisamment réduit ses dépenses avant de recourir à la fiscalité. La municipalité, elle, maintient sa ligne, revendiquant une gestion « prudente » et tournée vers l'avenir.

0 commentaire

Écrivez votre commentaire...
💬

Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier !