La Région Réunion débloque une enveloppe de 500 000 euros pour soutenir les acteurs économiques de Sainte-Rose et Saint-Philippe, durement touchés par la coupure de la RN2 depuis le 13 mars. Le maire de Sainte-Rose, Michel Vergoz, a évoqué cette aide lors du conseil municipal de jeudi. Le dispositif doit être officiellement présenté ce vendredi en commission permanente.
« 500 000 euros, ce n'est pas rien », a commenté l'édile, réélu au premier tour le 15 mars dernier. L'aide fait suite à un courrier adressé dès le 19 mars à la présidente de la Région, réclamant un dispositif forfaitaire exceptionnel pour les personnes impactées par cet « aléa majeur ».
L'enveloppe s'adresse aux entrepreneurs, artisans et entreprises de moins de 50 salariés ayant subi une perte d'activité. Pour y être éligibles, ils devront justifier d'une baisse d'au moins 20 % de leur chiffre d'affaires mensuel par rapport à l'année précédente. L'aide sera plafonnée à 4 000 euros hors taxes par mois. Les premiers versements sont attendus dès avril. « Ils sont prêts à dégainer rapidement », affirme Michel Vergoz.
Vendredi dernier, une réunion s'est tenue à la mairie de Saint-Philippe en présence du maire Olivier Rivière, du député Jean-Hugues Ratenon et du président de la CCI Pierrick Robert. Des chefs d'entreprises réunis en collectif y avaient exprimé leur détresse, certains évoquant des pertes pouvant atteindre 50 à 60 % depuis la fermeture de la route. « Ces femmes et ces hommes attendent des solutions concrètes et rapides. L'État ne peut pas rester insensible », a lancé le député de la 5e circonscription sur sa page Facebook.
Un autre dispositif devrait concerner les salariés contraints de travailler de l'autre côté de la route coupée, via les CCAS. Il viserait à compenser les surcoûts de carburant ou d'hébergement. Une dizaine de salariés sont concernés à Sainte-Rose. La commune a par ailleurs déjà débloqué 3 000 euros pour financer l'hébergement des professeurs originaires du Sud exerçant à Sainte-Rose : 60 euros par nuitée, deux fois par semaine, via une convention avec l'Hôtel La Fournaise.
« Maintenant que la coulée s'est arrêtée, on a beaucoup moins de flux et l'économie commence à trinquer », observe Michel Vergoz. La réouverture de la RN2 reste incertaine. Les services des routes de la Région évoquent un délai minimum de deux mois, une fois la lave refroidie en profondeur — ce qui ne serait pas encore le cas — et à condition que l'éruption ne reprenne pas.


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