Quelques jours après la conférence de presse de la direction régionale des Finances publiques, Solidaires Finances publiques a livré une lecture bien différente de la campagne fiscale 2026. Le syndicat dénonce une dématérialisation « à marche forcée » susceptible d'exclure une partie des contribuables réunionnais, à commencer par les plus fragiles.
« On parle d'une campagne simplifiée, mais pas forcément pour les usagers », résume Sandra Chane-Foc, représentante du syndicat à La Réunion. Tous les contribuables ne disposent pas des mêmes outils ni des mêmes compétences pour effectuer leurs démarches en ligne. « Certains publics n'ont pas accès à internet ou rencontrent des difficultés avec le langage administratif, qui reste complexe », dit-elle.
Le syndicat appelle à maintenir une présence physique pour éviter que se creuse un fossé entre usagers autonomes et ceux qui ont besoin d'être accompagnés. « Il faut maintenir une présence physique pour ne pas créer d'inégalités dans l'accès au service public », insiste Sandra Chane-Foc. Solidaires Finances publiques met également en garde contre les suppressions de postes, qui fragiliseraient cet accompagnement.
À La Réunion, ces réductions d'effectifs ont été partiellement contenues grâce à la mobilisation locale. « Nous avons démontré que les besoins restent importants, notamment en matière d'accueil physique », explique la représentante syndicale. La fréquentation des centres des finances publiques reste élevée. « Le besoin de contact humain est toujours là », affirme-t-elle.
Autre point de friction : le recours croissant à l'intelligence artificielle pour détecter les anomalies fiscales. L'administration en vante l'efficacité, notamment dans la détection de piscines non déclarées, mais le syndicat tempère. « L'IA peut détecter des anomalies, mais sans intervention humaine derrière, il ne se passe rien », rappelle Sandra Chane-Foc. Ces outils ne doivent pas, selon elle, occulter les enjeux plus larges de fraude fiscale.
Solidaires Finances publiques conteste aussi certains indicateurs avancés par l'administration. Si 92 % des contribuables réunionnais déclareraient en ligne, environ 40 % correspondent à des déclarations automatiques, sans aucune action de l'usager. « On ne sait même pas s'ils ont vérifié leurs informations », relève Sandra Chane-Foc.
Le syndicat plaide pour un équilibre entre modernisation et accompagnement humain : effectifs suffisants, accueil renforcé, canaux de contact diversifiés. Les lignes téléphoniques sont jugées « insuffisamment calibrées ». Quant à la création annoncée d'un centre de contact à Saint-Benoît, dédié aux professionnels, elle est perçue comme une avancée, mais insuffisante pour couvrir l'ensemble des besoins.


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