Face à la flambée des prix des carburants, la proposition de l'Association des maires de La Réunion (AMDR) de financer une baisse à la pompe n'a pas été retenue par les communes. Les élus locaux ont choisi de mobiliser le surplus d'octroi de mer pour soutenir en priorité l'action sociale et absorber leurs propres surcoûts.
L'idée d'une baisse de 10 centimes par litre de carburant avait été avancée par l'AMDR, mais les communes ont finalement tranché autrement. Elles gardent le surplus d'octroi de mer pour faire face à leurs propres charges et orientent ces recettes en priorité vers l'action sociale.
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Une réorientation vers les CCAS et le tissu associatif
Interrogé ce jeudi, Serge Hoareau, président de l'AMDR et maire de Petite-Île, confirme que les élus locaux s'accordent sur cette direction : flécher ces recettes supplémentaires vers les centres communaux d'action sociale (CCAS) et les associations.
« On préfère, nous communes, mettre ce surplus à nos CCAS ou pour nos associations qui sont aussi dans le besoin, qui subissent aussi la crise », explique-t-il.
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Dans un contexte de hausse généralisée des prix, les collectivités reçoivent davantage de sollicitations, en particulier de la part des publics les plus fragiles et des associations, elles aussi touchées par la hausse des coûts de déplacement.
Des communes elles-mêmes confrontées à la hausse des carburants
Les communes ne sont pas que spectateurs de la crise : elles en subissent directement les effets sur leur propre budget. Véhicules municipaux, engins techniques, prestations externalisées — la hausse du carburant pèse sur leurs dépenses de fonctionnement. « Quand on a aussi l'augmentation du prix des carburants, nous aussi, communes, on a des engins, des véhicules qu'on fait fonctionner, donc notre dépense de carburant augmente », souligne Serge Hoareau.
S'y ajoute un effet indirect redouté : la répercussion des hausses dans les marchés publics. Les entreprises partenaires des collectivités pourraient réviser leurs tarifs à la hausse via les clauses de révision de prix, alourdissant encore davantage la facture.
Dans ce contexte, financer une baisse des prix à la pompe tout en absorbant la hausse des dépenses internes et contractuelles paraît difficilement tenable pour les élus.
Le président de l'AMDR parle d'un risque de « double peine » : d'un côté, des coûts en hausse pour les collectivités, de l'autre, une contribution financière attendue sur des recettes supplémentaires encore incertaines.
Un manque de visibilité sur les recettes
Les recettes issues de l'octroi de mer restent difficiles à anticiper. Elles dépendent directement du volume de consommation — notamment de carburant — ce qui rend les projections aléatoires. « On n'a pas suffisamment de lisibilité », reconnaît Serge Hoareau, qui rappelle que ces montants pourraient évoluer.
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La proposition initiale visait à répondre rapidement à la crise des carburants. Les communes semblent aujourd'hui préférer agir là où elles ont prise directement : leurs CCAS, leurs associations, leurs propres équilibres budgétaires.
En soutenant le tissu associatif et les centres d'action sociale, elles cherchent à amortir les effets de la hausse au plus près des habitants, sans fragiliser leurs finances dans un contexte qui reste incertain.


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