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CHU de La Réunion : une facture impayée depuis 2024

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CHU de La Réunion : une facture impayée depuis 2024

Une facture impayée depuis deux ans : "Je ne veux plus travailler pour le CHU de La Réunion"


Prestataire d’un chantier au CHU de Saint-Pierre, un petit bureau d’étude attend toujours le paiement d‘une facture déposée en mars 2024. L’établissement hospitalier assure ne pas rencontrer de difficultés de paiement et explique que la régularisation du dossier est en cours.

Le montant de la facture peut sembler peu élevé, environ 22.000 euros. D’autant que la somme devra être partagée entre deux autres prestataires de ce marché consistant en des travaux dans le secteur des soins intensifs du CHU de Saint-Pierre. Mais quand on dirige un petit bureau d’étude, cela reste une somme importante pour son chiffre d’affaires.

« Nous avons répondu à un appel d’offres en 2019, nous avons sorti des études, nous avons fait le chantier. Dans cette histoire, nous sommes trois entreprises sur la même facture. En tant que cotraitant maîtrise d’œuvre, nous avons la possibilité de faire des factures communes », retrace le gérant de la SARL BeFlu.

Le CHU de La Réunion conteste toute difficulté financière

En mars 2024, l’entreprise dépose, via le portail gouvernemental de services de facturation Chorus Pro, une facture de 22.373 euros TTC. Plus de deux ans plus tard, celle-ci n’a pas été honorée par le CHU de La Réunion. « Malgré l’ensemble des éléments fournis, les mises à jour réalisées, notamment sur la répartition de la TVA, et des démarches administratives complètes, la facture demeure impayée à ce jour, sans justification claire », avance le gérant.

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Sollicité par Zinfos974, le CHU de La Réunion conteste toute difficulté financière de l’établissement et réfute un quelconque problème généralisé de délai de paiement. Le Centre hospitalier universitaire fait valoir que « la facture a fait l’objet d’un rejet en novembre 2025 » parce que « les modalités de répartition financière entre les membres du groupement, telles que définies dans leur acte d’engagement, n’ont pas été respectées dans la facture transmise. Or, ces règles doivent impérativement être appliquées pour permettre le traitement et la mise en paiement. »

Selon le gérant de la SARL BeFlu, ce courrier alertant sur une erreur de répartition de la TVA ne serait intervenu qu’après plusieurs courriers de relance restés lettres mortes auprès de l’administration.

? Ils m’ont déjà fait le coup sur d’autres chantiers ?

« Il ne s’agit pas d’un simple retard de paiement, mais d’une succession de dysfonctionnements : relances répétées, réponses tardives et incomplètes, demandes de corrections traitées dans les délais, puis absence de retour », déplore-t-il, en estimant que les délais de paiement des prestataires font figure de variable d‘ajustement pour le CHU.

« Depuis 2024, je ne réponds plus aux appels d’offres du CHU, ils m’ont déjà fait le coup sur d’autres chantiers, je ne veux plus travailler pour eux », affirme-t-il aujourd’hui, en indiquant qu’il s’apprête à engager une procédure de mise en demeure contre l’établissement.

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Son entreprise n’est pas la seule à pester contre les retards de paiement du CHU de La Réunion : début mars dernier, la société Panpharma a saisi le juge des référés du tribunal administratif afin d’obtenir la condamnation de l’établissement à lui verser 62.264 euros à titre provisionnel (sans compter les intérêts moratoires) au sujet de factures impayées dans le cadre de plusieurs marchés exécutés en 2025.

La facture impayée d’un gros laboratoire pharmaceutique

Peut-être pour ne pas s’exposer à d’importants frais supplémentaires, le CHU a rapidement réglé les sommes dues, moins d’une dizaine de jours après avoir été notifié de la requête formée au tribunal. Difficile de se mettre à dos le puissant laboratoire Panpharma, qui développe et vend des médicaments génériques pour les hôpitaux et cliniques dans 75 pays du monde.

Concernant la SARL BeFlu, le CHU nous assure faire preuve de la même bonne volonté. « Nos services ont repris contact avec le groupement concerné afin de les accompagner dans la régularisation de leur dossier, ce qui permettra ensuite de procéder au paiement dans les meilleurs délais », nous fait savoir le Centre hospitalier universitaire.

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