Olivier Fontaine ne mâche pas ses mots. Le président de la Chambre d'agriculture de La Réunion trouve « inadaptées » les nouvelles aides gouvernementales pour les exploitants agricoles frappés par la hausse des coûts de production.
Pour répondre à l'augmentation des prix des intrants agricoles causée par la crise au Moyen-Orient, le gouvernement a débloqué une enveloppe de 20 millions d'euros maximum. Cette aide exceptionnelle doit couvrir une partie des cotisations sociales agricoles versées à la Mutualité sociale agricole (MSA). Les caisses locales de la MSA, avec les services préfectoraux, identifieront les bénéficiaires.
« Ces mesures ne conviennent pas à l'outre-mer car nous avons un régime social différent de la métropole », regrette Olivier Fontaine. Il rappelle que le prix du fuel a bondi de 0,64 euro, « soit un doublement ». Sa question : « Les exonérations de charges sociales s'appliqueront-elles ici ? »
Ce dispositif s'ajoute à d'autres mesures déjà lancées depuis le début de la crise. Le gouvernement avait notamment supprimé la taxe sur le gazole non routier agricole pour avril, soit 14 millions d'euros d'économie. Des prêts de consolidation garantis par l'État (jusqu'à 500 millions d'euros d'encours), des reports de cotisations sociales et des prêts exceptionnels via Bpifrance complètent le dispositif.
À La Réunion, les spécificités locales compliquent l'application de ces mesures nationales. Les exploitants dépendent du régime AMEXA, géré par la Caisse générale de sécurité sociale, et non de la MSA. Une partie relève aussi du régime du micro-bénéfice agricole, sans comptabilité formalisée. « À chaque fois, il faut adapter. La prise en compte des outre-mer n'est pas automatique », rappelle la chambre consulaire, qui attend les décrets d'application.


0 commentaire
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier !