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Innovation outre-mer : Mayotte et les territoires ultramarins face aux défis du financement

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Innovation outre-mer : Mayotte et les territoires ultramarins face aux défis du financement

Mayotte et les outre-mer : faire grandir l’innovation de demain, ou rester bloqués dans les modèles d’hier


700 entreprises accompagnées, 7 000 emplois pérennisés, 57 millions d'euros mobilisés. Ces chiffres illustrent le potentiel des territoires ultramarins en matière d'innovation, selon les données présentées lors d'une table ronde organisée jeudi 9 avril par la Délégation sénatoriale aux outre-mer.

La rencontre réunissait les présidents des principales structures d'innovation des territoires ultramarins : Stéphanie Mareva Failloux d'Innovation Outre-Mer, Thibaut Desemberg de French Tech Polynesia, Sarra Vencatachellum de French Tech La Réunion, Sébastien Luissaint d'I-Nova Technopole Guadeloupe et Feyçoil Mouhoussoune d'ITH Data Center Mayotte. L'objectif ? Nourrir un rapport d'information sur les filières économiques d'avenir outre-mer.

Les intervenants ont pointé plusieurs initiatives qui décollent dans le numérique, l'intelligence artificielle, l'économie bleue ou l'agritech. Mais ils butent sur un écueil récurrent : la taille réduite des marchés locaux contraint les start-ups à chercher des débouchés ailleurs rapidement.

L'accès au capital reste un casse-tête. Les dispositifs publics, historiquement pensés pour l'immobilier et l'hôtellerie, collent mal aux projets technologiques. « La vallée de la mort », cette période critique entre premiers financements et investissements d'accélération, fragilise régulièrement les jeunes entreprises. Un fonds d'investissement de 50 millions d'euros est en projet pour combler cette lacune.

À Mayotte, Feyçoil Mouhoussoune évoque un territoire « numérique récent » où tout reste à construire. Une opportunité unique selon lui : « On peut tout entreprendre avec un mindset futuriste, déployer directement des solutions tournées vers l'avenir. » Mais l'entrepreneur regrette que les projets d'infrastructures privilégient encore des modèles traditionnels.

La concurrence régionale complique la donne. Les entreprises mahoraises peinent face aux acteurs asiatiques et africains, souvent mieux formés et moins contraints. « L'Europe est déjà en retard et dans nos territoires ce décalage est encore plus marqué », constate Feyçoil Mouhoussoune. Les participants réclament une stratégie nationale coordonnée pour transformer les contraintes ultramarines en véritables opportunités d'innovation.

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