« Ce n'est pas à la hauteur. » Julien Hoarau ne mâche pas ses mots face aux annonces de la Région Réunion sur les carburants. L'auteur d'une pétition qui a déjà recueilli près de 3 000 signatures juge que les mesures proposées ne répondent pas à l'urgence économique.
La collectivité régionale a pourtant mobilisé l'intégralité des recettes supplémentaires d'octroi de mer, soit environ 435 000 euros pour avril. Elle propose également un Dispositif complémentaire exceptionnel temporaire (DCET) de 10 centimes par litre de gazole, qui s'ajoute à la détaxe existante.
Selon Huguette Bello, présidente de la Région, ce mécanisme permettrait d'atteindre un soutien d'environ 18 centimes par litre pour les transports de marchandises et de voyageurs. Pour certains secteurs spécifiques comme les taxis, VTC, auto-écoles ou ambulances, l'aide pourrait grimper jusqu'à 33 centimes.
« Nous mettons ce surplus d'octroi de mer à la disposition des transporteurs, de ceux qui travaillent pour l'économie de La Réunion », défend la présidente. Avec l'aide de l'État, la baisse pourrait atteindre environ 40 centimes par litre.
Mais Julien Hoarau dénonce l'absence de coordination entre collectivités. « On parle de crise, de pouvoir d'achat, de toute une population qui subit, et aucune réponse collective n'émerge », regrette-t-il. Il rappelle l'existence de la CTAP, la Conférence Territoriale de l'Action Publique, comme outil de coordination possible.
« Les Réunionnais ne mangent pas du goudron », lance-t-il pour illustrer l'impact concret sur le quotidien. Il met en garde contre une dégradation du pouvoir d'achat : « Sans pouvoir d'achat, il n'y a plus d'économie. Sans économie, il n'y a plus de travail. » Face à cette situation, il appelle les citoyens à signer sa pétition pour pousser les collectivités à adopter des mesures plus ambitieuses.


0 commentaire
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier !