La Commission européenne a donné son feu vert le 2 avril à l'ouverture d'aides à la modernisation pour 16 catégories de navires de pêche dans les territoires ultramarins français. Cette décision attendue depuis plusieurs années concerne sept segments en Guadeloupe, quatre en Martinique, quatre à La Réunion et un seul à Mayotte.
L'État financera la moitié du dispositif, les régions l'autre moitié. Pour la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou, cette mesure permettra « de poursuivre le renouvellement de la flotte de pêche attendu depuis 2022 ». L'objectif : renforcer la souveraineté alimentaire de territoires encore largement dépendants des importations de produits de la mer.
À Mayotte, cette limitation à un seul segment inquiète les professionnels. Abdoul Karim Saïd Nidhoim, président du syndicat maritime des pêcheurs, craint que les embarcations de 10 à 12 mètres soient exclues du dispositif. « Seuls les petits bateaux seraient concernés », déplore-t-il. Ces navires plus importants permettent pourtant d'atteindre le banc de La Zélée, situé à 60 milles nautiques du territoire.
L'annonce intervient alors qu'une partie des pêcheurs mahorais reste immobilisée à quai depuis des mois. L'expiration d'une dérogation a contraint de nombreuses embarcations non conformes aux normes européennes à cesser leur activité. Sur le port de Dzaoudzi, les bateaux amarrés témoignent de cette paralysie du secteur.
« Une aide européenne c'est bien mais nous on a même pas d'endroits pour vendre notre poisson », déplore un pêcheur. La halle de pêche demeure fermée et le ponton promis pour juillet 2025 n'est toujours pas en construction. Concernant le renouvellement de la dérogation préfectorale, Abdoul Karim Saïd Nidhoim indique ne pas avoir de nouvelles, évoquant un blocage « du côté de La Réunion ».


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