6,5 millions d'euros d'amendes. L'Autorité de la concurrence vient de sanctionner quatre géants du matériel électrique pour entente sur les prix, dont Nexans et Sonepar, deux acteurs présents à La Réunion et dans les outre-mer.
L'affaire repose sur un système de « dérogations » détourné. Ce mécanisme, censé permettre aux distributeurs d'adapter leurs tarifs, servait en fait à fixer des prix quasi-immuables. Les enquêteurs ont établi que les entreprises se concertaient pour éliminer toute concurrence réelle sur les tarifs.
Les pratiques ont duré plusieurs années. Une première entente entre un fabricant et ses distributeurs, avec Sonepar, a fonctionné de 2012 à 2018. Une seconde, impliquant un autre groupe, de 2012 à 2015. Dans les documents internes saisis, les prix soi-disant « conseillés » étaient appliqués comme des tarifs fixes.
« Sonepar à La Réunion a une exclusivité de facto, qui est complètement interdite, mais bon qui est là », révèle une conférence téléphonique interne à Nexans de novembre 2020. Cette citation, extraite du dossier de l'Autorité, montre que les entreprises savaient leurs pratiques illégales dans les territoires ultramarins.
Pour La Réunion, territoire insulaire où les coûts d'importation pèsent déjà sur l'économie locale, ces distorsions de concurrence peuvent avoir des conséquences directes. Le secteur du matériel électrique alimente de nombreuses filières : construction, énergie, chantiers publics. Sonepar conteste fermement la décision et annonce faire appel.
L'affaire ne s'arrête pas aux sanctions administratives. Une information judiciaire ouverte en 2018 suit son cours, avec des perquisitions déjà menées dans plusieurs entreprises. Les recours annoncés par les groupes sanctionnés promettent une bataille juridique de longue haleine.


0 commentaire
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier !