Michel Vergoz a haussé le ton ce lundi lors du conseil municipal de Sainte-Rose. Le maire fraîchement réélu dénonce un « monopole » de la SRPP alors que les prix des carburants s'apprêtent à exploser mercredi avec une hausse de 0,52 centime par litre de gazole.
« C'est le peuple qui va trinquer », lance l'ancien parlementaire qui vise directement les « profiteurs historiques ». Il fustige une décision prise « sans concertation » et décrit la SRPP comme « le champion de La Réunion du monopole ». La société contrôle en effet l'importation, le stockage et la distribution du carburant et du gaz sur l'île.
L'élu de 30 ans d'expérience politique remet en question la formation actuelle des prix. Il rappelle qu'un protocole d'accord de 1998 fixait la construction tarifaire à partir de quinze éléments constitutifs, remplacé en 2005 par un simple « consensus méthodologique » entre l'État et les pétroliers. « Il y a quinze éléments constitutifs du prix du carburant et du gaz. Où sont-ils passés ? », interroge-t-il.
Vergoz évoque également les stocks stratégiques de l'île : 73 jours de réserves « constituées lorsque les prix étaient plus bas » qui pourraient jouer un rôle d'amortisseur face aux hausses actuelles.
Pour briser ce qu'il considère comme un monopole, le maire propose la création d'une société d'économie mixte (SEM). Cette structure permettrait d'introduire de la concurrence en ouvrant l'accès aux infrastructures portuaires - quai, pipeline et citernes - à de nouveaux opérateurs. Une motion similaire avait déjà été défendue en décembre à la Région, ciblant notamment la hausse de 11 % du résultat net des pétroliers, passé de 27 à 30 millions d'euros en un an.
Cette offensive intervient dans un contexte budgétaire tendu pour la commune. Avec un budget de 15 millions d'euros, Sainte-Rose fait face à l'augmentation des cotisations retraites, au gel de la dotation globale de fonctionnement et aux incertitudes sur les emplois aidés. L'explosion des prix du carburant menace directement les recettes communales liées à l'octroi de mer et à la taxe régionale sur le carburant, qui représentent « la moitié de nos recettes ».


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