Le recteur Rostane Mehdi a lancé un ultimatum au président de l'université de La Réunion Jean-François Hoarau lors du conseil d'administration du 16 mars dernier. Trois mois pour présenter un plan de retour à l'équilibre budgétaire, faute de quoi le rectorat pourrait reprendre la main sur la gestion financière de l'établissement.
Dans les couloirs de l'université, on parle désormais d'un déficit de six à sept millions d'euros. Cette situation découle notamment d'une gestion défaillante des projets européens. « Le problème, c'est que l'université lance des projets basés sur des fonds européens, avance l'argent, mais comme elle ne va pas au bout de ses projets, elle ne perçoit jamais la totalité des subventions », explique une source bien informée.
Les charges de personnel franchissent aujourd'hui le seuil maximal autorisé de 83 % du budget universitaire. Cette explosion de la masse salariale intervient alors que circulent des rumeurs de non-reconduction d'une trentaine de postes de contractuels.
En décembre dernier, le vote du budget 2026 avait déjà fait naître des doutes chez certains personnels sur la soutenabilité des comptes présentés. Le président Jean-François Hoarau espérait alors gagner du temps en attendant d'hypothétiques rallonges budgétaires de la Région, gestionnaire des fonds européens à La Réunion.
Si le plan de retour à l'équilibre n'obtient pas l'aval du recteur ou l'approbation du conseil d'administration, Rostane Mehdi dispose des compétences légales pour reprendre le contrôle de la gestion budgétaire. En tant que chancelier des universités, il peut s'appuyer sur la Direction générale des finances publiques pour exercer ce pouvoir de contrôle.


0 commentaire
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier !