Le prix du baril a grimpé de 13 % pour atteindre 80 dollars. Cette hausse, provoquée par les tensions entre l'Iran, Israël et les États-Unis, risque de peser lourdement sur l'économie réunionnaise.
La Réunion importe tous ses produits pétroliers. Carburants, fioul pour l'électricité : chaque hausse mondiale se répercute directement sur les prix locaux. Le détroit d'Ormuz concentre tous les regards. Si ce passage par lequel passe une grande partie du pétrole mondial venait à être bloqué durablement, le prix du baril pourrait s'envoler de 20 % à plus de 70 %.
Certains scénarios dépassent les 100 dollars le baril. Une telle flambée pourrait faire grimper les prix à la pompe de plusieurs dizaines de centimes par litre, avec un retour vers des niveaux autour de 2 euros le litre dans les hypothèses les plus pessimistes.
L'alimentation subit également la pression. L'île importe environ 80 % de ses besoins alimentaires selon plusieurs sources économiques. Les perturbations maritimes - contournement du canal de Suez, allongement des routes via le Cap de Bonne-Espérance, hausse des primes d'assurance - pourraient rapidement toucher les rayons. Les oignons représentent 8 855 tonnes par an, soit plus de 50 % des légumes importés. L'ail, les carottes et les pommes de terre dépendent largement de fournisseurs asiatiques ou européens.
« Il n'y a pour le moment pas d'impact », tempère Philippe Leleu, président de l'Union maritime interprofessionnelle de La Réunion. « La desserte de La Réunion est éloignée de la zone de conflit et tout est anticipé avec les passages par le cap de Bonne Espérance. » Une seule difficulté pourrait survenir : l'engorgement des ports de transbordement face à l'arrivée de navires supplémentaires.
Au-delà de l'économie, la question sécuritaire se pose. La Réunion se trouve à moins de 2 500 kilomètres de Diego Garcia, base américaine dans l'océan Indien. Téhéran a explicitement menacé des bases américaines au Moyen-Orient. Une escalade militaire pourrait renforcer la surveillance maritime et aérienne dans la zone et militariser davantage l'océan Indien.


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