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Lycée Jauzelon : 191 000 € de déficit et gaspillage massif

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Lycée Jauzelon : 191 000 € de déficit et gaspillage massif

Restauration scolaire à Jauzelon : déficit, gaspillage et pilotage défaillant dans le viseur de la Chambre régionale des comptes


191 000 euros de déficit en 2023, un taux de gaspillage qui frôle les 30 % et des commandes passées sans validation hiérarchique. La Chambre régionale des comptes épingle sévèrement la gestion de la restauration scolaire du lycée Marguerite Jauzelon à Saint-Denis dans un audit flash qui dévoile les dérives d'un système parti à la dérive.

L'explosion des volumes explique en partie ce chaos. Depuis la mise en place du repas à un euro en août 2023, le nombre de demi-pensionnaires a bondi de 92 %. La proportion d'élèves inscrits à la cantine est passée de 20 % à 42 %. La cuisine centrale prépare désormais 7 550 repas quotidiens pour alimenter 17 cuisines satellites, soit une production annuelle qui a grimpé de 547 000 à plus de 850 000 repas en trois ans.

Mais cette montée en puissance cache de lourdes défaillances organisationnelles. Le coût de revient d'un repas produit dépasse systématiquement le prix fixé par la Région : 5 centimes de perte par repas en 2021, 19 centimes en 2022, 29 centimes en 2023. Plus inquiétant encore, la CRC constate « l'absence de maîtrise des dépenses relatives aux denrées alimentaires » et des commandes émises sans validation du secrétaire général ni du proviseur.

Cette situation « pourrait être constitutive d'une infraction financière », note la Chambre. La trésorerie s'est dégradée au point que la Région a dû accorder une avance de 150 000 euros en août 2024, toujours pas remboursée. Le gaspillage alimentaire atteint des sommets avec 190 grammes jetés par convive, l'un des taux les plus élevés parmi les lycées étudiés.

La compensation régionale liée au repas à un euro fait aussi l'objet de critiques. L'établissement a demandé le versement sur la base des forfaits payés par les familles plutôt que sur les repas effectivement commandés. Pour le dernier trimestre 2023, l'écart représente plus de 7 000 repas, soit 30 % de différence. Depuis 2024, la revalorisation du prix de vente et la formalisation du circuit des dépenses permettent un redressement partiel, mais la stabilité reste fragile.

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