Plus de 800 000 euros. C'est la somme qu'Anne, résidente de La Réunion, a versée à un escroc se faisant passer pour Brad Pitt. Une plainte déposée à Malartic révèle aujourd'hui une dimension judiciaire inédite : la responsabilité des banques dans cette arnaque aux libellés pourtant explicites.
Tout commence par un message privé. L'expéditeur prétend être l'acteur hollywoodien. Il évoque sa solitude, ses problèmes de santé. Peu à peu, il gagne la confiance d'Anne, puis la rend dépendante. Elle l'écoute, le rassure, le soutient. Et finit par l'aider financièrement.
Les demandes d'argent se multiplient pendant des mois. Soins médicaux urgents, blocages administratifs, situations d'urgence. La victime effectue virement après virement et perd sa fortune dans ce mirage numérique.
Ruinée, Anne pousse les portes de la police de Malartic à Saint-Denis pour porter plainte. Mais une question surgit : comment les banques ont-elles validé des virements aux libellés hallucinants comme « Opération de William Bradley Pitt » ou « Transplantation du rein de William Bradley Pitt » ? Ces mentions auraient dû déclencher des alertes internes.
Les établissements financiers ont pourtant un devoir de vigilance. Ils doivent repérer les opérations inhabituelles ou suspectes. Dans cette affaire, les transferts se sont poursuivis sur une longue période sans « opposition apparente ». La plaignante estime que les banques n'ont pas assumé leur responsabilité.
« Il a appuyé sur chacune de mes angoisses pour étendre son emprise », confie la victime, qui décrit une « manipulation psychologique méthodique ». L'escroc n'a pas piraté de système informatique mais contourné la vigilance humaine en exploitant confiance et solitude. La procédure judiciaire dépasse désormais le cadre d'une simple escroquerie et interroge le rôle des banques face aux arnaques sophistiquées.


0 commentaire
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier !