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Aéroport de Pierrefonds : Plan de redressement imposé sur trois ans

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Aéroport de Pierrefonds : Plan de redressement imposé sur trois ans

Le préfet de La Réunion a saisi la Chambre régionale des comptes (CRC) pour examiner la situation financière du syndicat mixte de l'aéroport de Pierrefonds. Après un rapport déjà sévère publié en novembre dernier, la CRC dresse un bilan inquiétant : déficit important et comptes peu fiables.

Le préfet avait déjà pointé un déficit du compte administratif 2024 qui dépasse les seuils légaux. Le budget supplémentaire 2025 a été voté sans équilibre réel, déclenchant une procédure de redressement prévue par le code général des collectivités territoriales.

Selon la CRC, le déficit ne pourra pas être comblé rapidement. Vu son ampleur et les faibles marges de manœuvre pour 2025, l'équilibre financier ne se rétablira pas en une année. L'incertitude plane sur l'activité de transport commercial de passagers, malgré des projets d'ouverture vers l'Afrique du Sud. La procédure de redressement judiciaire lancée en février par le tribunal mixte de commerce de Saint-Pierre aggrave la situation.

Face à cette crise, la CRC préconise un plan de redressement sur trois ans, fondé sur une activité minimale pour l'aéroport. Si les mesures relèvent du syndicat mixte, l'État surveillera leur application de près.

Premier impératif : assainir et fiabiliser les comptes. La CRC insiste sur l'établissement d'une comptabilité d'engagement complète et le suivi rigoureux des restes à réaliser. Le syndicat mixte doit mandater toutes les dépenses engagées et régulariser les charges en instance. Au total, 3,26 millions d'euros de factures impayées devront être intégrées au budget primitif 2026, dont plus de 2,42 millions en fonctionnement et 840 000 euros en investissement.

Pour réduire les coûts, la CRC insiste sur la maîtrise des dépenses, notamment la masse salariale. Les efforts prévus pour 2025 pourraient dégager 800 000 euros d'économies par an. La CRC juge néanmoins qu'une réduction d'effectifs s'impose : passer de 43 à 25 agents d'ici fin 2025 si le trafic commercial ne reprend pas. L'objectif est de ramener la masse salariale à 2,2 millions d'euros en 2026, puis à 1,5 million d'euros en 2027.

Les charges générales doivent aussi s'adapter à l'activité réelle de l'aéroport. La CRC prône une baisse des dépenses de sûreté aéroportuaire et de location de matériel, visant 2,6 millions d'euros en 2026, puis 2,2 millions d'euros en 2027, hors charges passées non comptabilisées.

Du côté des recettes, la CRC reste prudente. Elle mise sur l'augmentation des participations et subventions exceptionnelles des collectivités membres. La Région a récemment confirmé une participation de 335 500 euros, tandis que le total des subventions exceptionnelles atteint 2,2 millions d'euros d'ici fin 2025.

Un étalement des déséquilibres sur plusieurs années devient inévitable. Le remboursement des avances de trésorerie accordées en 2021 par les collectivités pourrait être étalé pour éviter de nouveaux appels de fonds.

La CRC rappelle que la suite dépendra aussi de l'État. Le budget primitif 2026 devra être approuvé avant le compte administratif 2025 et transmis au préfet, qui saisira à nouveau la CRC dans le cadre du contrôle budgétaire renforcé. Cette surveillance se poursuivra, car toute évolution de l'activité de l'aéroport pourrait imposer de nouvelles mesures correctrices.

Mots clés : Comptabilité

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