L'échec de la commission mixte paritaire vendredi matin rend impossible l'adoption du budget 2026 avant le 31 décembre. Les quatorze députés et sénateurs n'ont trouvé aucun compromis, forçant le gouvernement à préparer une loi spéciale pour assurer la continuité budgétaire.
Cette réunion de la dernière chance s'est soldée par un constat d'impuissance. Après deux mois de débats parlementaires, les positions restent inconciliables entre l'Assemblée et le Sénat.
Le gouvernement soumet maintenant un projet de loi spécial au Conseil d'État. Ce texte de transition reconduira les crédits 2025 pour maintenir le fonctionnement des services publics et la collecte des impôts en attendant la reprise des négociations début 2026. L'Assemblée et le Sénat l'examineront dès la semaine prochaine.
Le Premier ministre recevra à partir de lundi les dirigeants des principales forces politiques. L'objectif : tenter une sortie de crise pour « protéger les Français » après l'enlisement des discussions budgétaires.
Cet échec clôt un parcours budgétaire mouvementé. Rejeté par l'Assemblée nationale, le texte avait été adopté par le Sénat dans une version remaniée. Mais l'écart reste béant entre une majorité sénatoriale prônant l'austérité et une Assemblée réclamant plus de recettes.
Les responsabilités de cet échec font déjà polémique. Matignon pointe l'opposition du Rassemblement national et de La France insoumise, ainsi que l'intransigeance de certains sénateurs Les Républicains. Le Parti socialiste attaque la droite sénatoriale, accusant son refus de compromis de « paralyser le pays ».
Au Sénat, on renvoie la faute sur le gouvernement, jugé incapable de faciliter un accord. Certains élus estiment qu'il fallait forcer la main pour éviter le blocage, d'autres considèrent que les conditions d'un examen apaisé n'existaient pas.
La France entrera donc en 2026 sans budget adopté, sous le régime d'une loi spéciale qui gère l'urgence sans régler le fond du problème.


0 commentaire
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier !