Les Jeunes Agriculteurs (JA) tirent la sonnette d'alarme sur la campagne sucrière 2025, qu'ils qualifient de « catastrophique ». La filière canne à sucre traverse une « situation critique » et l'organisation réclame des mesures immédiates pour éviter un effondrement du secteur.
Les chiffres du CTICS rapportés par les JA parlent d'eux-mêmes : la richesse est passée sous les 12, le tonnage de cette année reste bien inférieur à celui de 2024 et s'éloigne de la moyenne des dix dernières années. Les planteurs n'ont jamais connu une campagne aussi faible, avec des répercussions directes sur leurs revenus et leur trésorerie.
Exploitation en tension et risques économiques
Les JA dressent un tableau alarmant : richesse en recul, tonnage en baisse et hausse des coûts de production poussent de nombreuses exploitations vers une « tension financière extrême ». Sans réaction rapide, les conséquences risquent d'être lourdes :
- Retards de paiement sur les prêts et fermages,
- Retards auprès des fournisseurs,
- Détérioration durable de la filière,
- Démotivation des jeunes agriculteurs et des porteurs de projets.
« Nous sommes à un point de bascule », avertit l'organisation.
Aides jugées insuffisantes
Les Jeunes Agriculteurs reconnaissent que certaines aides ont été mises en place, comme le reliquat de l'aide à la production. Mais ils les jugent « largement insuffisantes » face à l'ampleur des pertes. Aucun nouvel engagement de l'industriel n'a été annoncé à ce jour.
Dans leurs courriers, ils rappellent un contexte international difficile, avec des marchés instables et des prix sous pression, qui pèsent directement sur la production et l'outil industriel.
Trois mesures d'urgence sollicitées
Pour éviter la disparition de nombreuses exploitations dans les mois à venir, les JA demandent trois mesures immédiates :
- Gel immédiat des dettes des planteurs auprès de l'industriel, sans pénalités,
- Report des remboursements des prêts PAY'KAN,
- Suspension des remboursements des trop-perçus liés aux avances antérieures (solde de campagne, bagasse, etc.).
Guillaume Sellier, président des Jeunes Agriculteurs Réunion, y voit le « strict minimum pour empêcher un effondrement ». Il prévient que si l'usine ne renforce pas son soutien à la production, la diminution du nombre de planteurs pourrait fragiliser l'outil industriel.
Appel à des décisions immédiates
Les JA demandent aux destinataires de leurs courriers de « se positionner en urgence » sur ces mesures et se disent disponibles pour des rencontres. Dans le communiqué qui accompagne leurs lettres adressées à Tereos et aux coprésidents du CPCS, Guillaume Sellier répète que « sans décisions rapides, de nombreuses exploitations pourraient disparaître dans les mois à venir », avec un impact lourd sur l'agriculture réunionnaise et l'avenir de la filière canne.
La campagne doit s'achever vendredi prochain pour le bassin de Bois-Rouge, tandis qu'une CMU est prévue cet après-midi pour le Gol.


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