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Loyers sociaux en hausse à La Réunion : la CNL alerte

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Loyers sociaux en hausse à La Réunion : la CNL alerte

La Confédération nationale du logement (CNL) tire la sonnette d'alarme face à l'augmentation des loyers sociaux à La Réunion. Erick Fontaine, administrateur de la CNL, réclame un gel immédiat des loyers sociaux et une refonte des politiques des bailleurs publics.

« Les familles ne suivent plus », dit-il. Dans l'île la plus pauvre de France, 36 % de la population vit sous le seuil de pauvreté. Près de 500 000 personnes perçoivent les minima sociaux, et l'augmentation continue des loyers sociaux devient insoutenable. « Être pauvre, ce n'est pas seulement avoir des revenus faibles, mais aussi ne pas pouvoir couvrir les dépenses quotidiennes », rappelle-t-il.

Entre 2022 et 2026, le loyer moyen a grimpé de 805 euros à 888 euros. Plus de la moitié des demandeurs de logement ont des revenus inférieurs à 1 500 euros, et 16 000 ménages vivent avec moins de 1 000 euros par mois. Les hausses de loyers paraissent « économiquement irresponsables », d'autant que l'endettement des locataires explose. En 2024, 1 709 dossiers de surendettement ont été déposés, dont 1 508 entre janvier et septembre 2025. Plus de 60 % des signalements d'impayés touchent des salariés, et près d'un quart des ménages pauvres sont des seniors.

La CNL relie ces difficultés à la flambée du coût du logement. De 2022 à 2026, les loyers ont augmenté de plus de 80 euros par mois, ce qui représente plus d'un mois de loyer supplémentaire sur l'année. À Saint-Denis, certaines réhabilitations ont provoqué des hausses vertigineuses de 37 %. « On fait payer plus pour moins de services », dénonce Erick Fontaine, qui évoque des logements dans un état indigne et des charges locatives souvent 40 % plus élevées que dans le privé.

Pour la CNL, les bailleurs doivent se réformer. Deux d'entre eux perçoivent près de 150 millions d'euros de loyers par an. Une hausse moyenne de 3,26 % pourrait rapporter 5 millions d'euros supplémentaires prélevés sur les ménages. « Avant d'augmenter les loyers, les bailleurs doivent réduire leurs frais de fonctionnement », insiste-t-il. L'absence d'encadrement dans le secteur social exclut déjà les salariés modestes et les retraités du logement.

La CNL formule trois revendications : gel immédiat des loyers sociaux, baisse des charges locatives, et transparence totale sur la gestion des bailleurs. Elle dénonce également l'injustice du système, les locataires ultramarins n'ayant pas accès à la réduction de loyer de solidarité (RLS) appliquée en métropole. « Le logement social doit redevenir un outil de solidarité, pas un facteur d'appauvrissement », conclut Erick Fontaine.

Mots clés : Fiscalité

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