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Investissements en Outre-mer : l'État face à des besoins urgents

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Investissements en Outre-mer : l'État face à des besoins urgents

Un rapport de Stéphane Fouassin et Georges Patient remis au Sénat pointe les failles de la stratégie d'investissement de l'État dans les territoires ultramarins. Chaque année, plus de 860 millions d'euros sont débloqués, mais la répartition des fonds reste inégale et ne répond pas aux urgences locales.

Les collectivités ultramarines investissent davantage que celles de métropole. En 2024, elles ont dépensé en moyenne 1 519 euros par habitant pour leurs infrastructures, contre 1 155 euros en métropole. Cet écart s'explique par la nécessité de rattraper un retard économique important. À La Réunion, les communes affichent parmi les budgets par habitant les plus élevés d'outre-mer pour moderniser leurs infrastructures, améliorer l'accès à l'eau et se préparer aux aléas climatiques.

Mais ces efforts butent sur un manque d'autofinancement. Les collectivités dépendent massivement de l'État, qui a financé leurs investissements à hauteur de 861,7 millions d'euros en 2023. En outre-mer, l'aide de l'État atteint 374 euros par habitant, contre 51 euros seulement en métropole.

Ces montants n'empêchent pas les déséquilibres. La Guyane n'a reçu que 1 702 euros par habitant entre 2019 et 2023, avec des prévisions de 1 949 euros pour 2024-2027, des montants jugés très insuffisants. La Réunion, Mayotte et la Guadeloupe captent la majorité des fonds, ce qui pose la question de l'équité.

Autre problème : moins de la moitié des fonds alloués sont réellement dépensés. Le taux de consommation des crédits plafonne à 48,6 %. Sur 801 projets inscrits entre 2019 et 2023, seuls 63 ont été menés à terme, 27 autres restent en cours. Cette inefficacité tient à des projets mal préparés, à la multiplication des sources de financement qui complique les procédures, et à une gestion éclatée des crédits.

Le rapport dénonce aussi la gouvernance centralisée qui bride les élus locaux. L'État définit les priorités d'investissement, les collectivités peinent à faire avancer leurs projets. À Mayotte et en Guyane, l'absence de plan de convergence aggrave encore la situation.

Pour corriger ces dysfonctionnements, les rapporteurs proposent une réorganisation des dispositifs d'investissement. Ils préconisent un projet de convergence élaboré par les collectivités, une limitation du nombre de projets financés pour se concentrer sur les plus urgents, et la création d'un guichet unique pour l'ingénierie publique. L'objectif : orienter les crédits vers des initiatives structurantes.

Entre infrastructures vieillissantes, besoins en logements et transition énergétique, la situation reste tendue outre-mer. La Réunion illustre à la fois un investissement prometteur et les limites du modèle actuel. L'avenir des investissements ultramarins dépendra de la capacité de l'État à adapter ses outils et à faire confiance aux collectivités pour définir leurs priorités, notamment dans les discussions budgétaires pour 2026.

Mots clés : Fiscalité

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