À La Réunion, l'inquiétude grandit face à une possible suppression des exonérations de charges LODEOM et des aides fiscales à l'investissement. Les acteurs économiques, réunis autour de la présidente de Région Huguette Bello, craignent un « couperet pour l'emploi local ».
Ce vendredi, une mobilisation exceptionnelle a eu lieu. Huguette Bello a rassemblé tous les représentants du monde économique réunionnais pour dénoncer les menaces sur deux dispositifs : les exonérations de charges sociales liées à la LODEOM et les aides fiscales à l'investissement. Au total, 750 millions d'euros sont en jeu, dont 350 millions pour les exonérations LODEOM et 400 millions pour l'aide à l'investissement. Ces montants pourraient disparaître dès le 1er janvier 2026, dans le cadre des arbitrages budgétaires du projet de loi de finances.
À l'issue de cette rencontre, un courrier a été envoyé au Premier ministre Sébastien Lecornu. Les signataires alertent sur les conséquences dramatiques d'une suppression ou d'une réduction de ces mesures sur l'économie locale.
Huguette Bello a appelé à un traitement équitable pour les Outre-mer. Elle a déclaré : « Notre pays fait face à une crise majeure de ses finances publiques. Toutefois, l'exigence de justice et d'équité dans la répartition des efforts est un impératif absolu. »
Elle refuse toute idée de « double peine » pour les territoires ultramarins. Pour elle, la remise en cause de la LODEOM représente une menace directe pour l'économie locale et l'emploi. « C'est une épée de Damoclès sur les entreprises réunionnaises », a-t-elle prévenu.
Ces dispositifs, en place depuis les années 1980, compensent les handicaps structurels des Outre-mer. Huguette Bello a rappelé l'importance de la LODEOM pour le développement économique de l'île.
La conjoncture économique et sociale est déjà fragile. Le BTP a perdu 900 emplois en 2024 et 400 supplémentaires en 2025. Plus de 1.100 entreprises ont fait faillite l'an dernier. « Tous les efforts réalisés risquent d'être neutralisés par les mesures de détricotage sur la LODEOM », a-t-elle exprimé.
Les représentants économiques partagent les mêmes préoccupations. Michel Dijoux, président de l'ADIR, a averti que la suppression de la LODEOM mettrait en danger 22.000 emplois dans l'industrie locale. « C'est une bouffée d'oxygène pour nos entreprises », a-t-il martelé.
Du côté de l'artisanat et des PME, Bernard Picardo, président de la Chambre de métiers, rappelle que la LODEOM a permis de maintenir l'emploi malgré les handicaps structurels. Il appelle à sécuriser ce dispositif dans une loi-cadre.
Gérard Lebon, président de la CPME, veut préserver les exonérations pour les petites entreprises. Il affirme que conserver la LODEOM est vital pour maintenir des emplois dignes.
Katy Hoarau, présidente du MEDEF Réunion, dénonce une menace existentielle pour l'économie locale. Elle rappelle que chaque point de soutien à l'investissement compte pour relever le défi du taux d'emploi à La Réunion.
À la Chambre de commerce, la vice-présidente Patricia Paoli exprime son incompréhension face à des « coupes sombres » qui touchent les TPE. « La LODEOM est souvent la seule mesure de soutien », a-t-elle déclaré.
Le monde agricole est également concerné. Olivier Fontaine, président de la Chambre d'agriculture, rappelle que la LODEOM est nécessaire pour le plan de souveraineté alimentaire.
Tous les participants ont réclamé une mobilisation collective. Le courrier envoyé au Premier ministre demande de maintenir ces dispositifs, jugés indispensables pour l'économie réunionnaise. Un appel à l'unité pour défendre un outil de justice économique et sociale, au service de l'emploi et de la compétitivité.


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