Loïc et Anaïs Rougemont ont lancé Gadiamb' Box Péi, une entreprise réunionnaise qui propose des encas protéinés à base de produits locaux, à destination des sportifs qui cherchent une alternative aux snacks industriels.
Tout est parti d'une frustration personnelle. Loïc Rougemont, souvent en déplacement et sportif régulier, décrit ce créneau de 16h-17h où il faut manger quelque chose avant une séance sans avoir rien préparé à l'avance. « On s'arrête un peu où on peut, dans une station-service ou autre. On prend un peu tout et n'importe quoi. Et après, on se dit que malheureusement, on n'a pas pris ce qui était forcément bon parce qu'on n'a pas beaucoup de choix », raconte-t-il. C'est de ce quotidien qu'est née l'idée.
Pour concevoir les produits, le couple s'est associé à un coach sportif, Thomas Florency, chargé de valider les apports nutritionnels, et à un chef cuisinier, Sébastien Poudroux, chargé des recettes. L'objectif : des encas réellement utiles sur le plan nutritionnel, mais aussi bons à manger. « On avait cette image du blanc de poulet un peu sec, pas très appétissant. Là, l'objectif était de développer quelque chose qui puisse même être mangé par des enfants, tout en restant très bon », explique Loïc Rougemont.
Les premières recettes font la part belle aux ingrédients locaux, parfois inattendus. La gamme comprend un encas façon muffin au chocolat avec du chouchou et de l'aubergine, deux panna cotta protéinées, et un crumble à base de lentilles de Cilaos. Sans conservateurs, colorants ni sucres ajoutés, selon les fondateurs. « La lentille de Cilaos, le chouchou… On a de très bons produits ici. Les utiliser, pour nous, c'était extrêmement important », insiste Loïc Rougemont.
La distribution vise en priorité les salles de sport, centres de fitness et box de crossfit. L'entreprise envisage ensuite d'élargir sa présence aux stations-service et grandes surfaces.


6 commentaires
@Patrick974, la question des marges c'est légitime, mais ce que j'espère surtout c'est qu'ils vont pas tomber dans le piège de serrer les prix sur le dos des producteurs locaux pour tenir leur modèle. La lentille de Cilaos, le chouchou de Salazie, c'est des gens qui travaillent dur pour produire ça. Si l'idée c'est de valoriser le péi, alors faut que la valeur elle remonte jusqu'à ceux qui cultivent, pas juste jusqu'à ceux qui vendent.
Deux parents qui créent ensemble, avec un vrai produit utile, lé bon ça ! Bon courage à eux.
Est-ce qu'ils ont fait appel à un incubateur ou à un dispositif d'accompagnement local pour se lancer ? Je prépare mon mémoire sur les startups food à La Réunion et je me demande si des structures comme Réunion Incubation ou la BPI ont joué un rôle ici. Ce genre de projet avec un coach sportif et un chef impliqué dès la conception, ça ressemble à une vraie démarche co-construction, j'aimerais creuser ça.
Article intéressant. Une précision tout de même : une entreprise qui vend des produits alimentaires sans conservateurs avec une durée de vie limitée est soumise à des obligations d'étiquetage et de traçabilité particulièrement strictes, encadrées par la réglementation européenne en vigueur. J'espère que les fondateurs ont bien anticipé cet aspect administratif dès le départ, car c'est souvent là que les jeunes structures trébuche.
Ça fait plaisir de voir le chouchou cité comme ça. Ici à Salazie on a eu une saison difficile, beaucoup de pluie en mars et les récoltes ont pas toutes suivi. Si ces jeunes veulent s'approvisionner régulièrement, i fo qu'ils comprennent que les quantités peuvent changer d'une saison à l'autre. On fait ce qu'on peut mais la météo dans le cirque, elle attend pas.
L'idée est séduisante, mais la question qui se pose immédiatement est celle de la marge. Des produits frais, sans conservateurs, à base d'ingrédients locaux parfois rares comme la lentille de Cilaos, ça coûte cher à produire. Comment vont-ils tenir leurs prix face aux marques industrielles qui écrasent les coûts par les volumes ? La distribution en salles de sport est un bon départ, mais le passage en grande surface va les forcer à revoir leur modèle. J'espère qu'ils ont bien sécurisé leurs approvisionnements avant de s'engager sur des volumes.