Le premier Conseil des ministres de la rentrée s'est tenu ce lundi 24 août à l'Élysée, autour d'Emmanuel Macron. Le budget 2027 en a été le sujet central. Confronté à la dégradation des finances publiques et aux tensions sur les marchés obligataires, le gouvernement prépare un exercice budgétaire placé sous le signe de la restriction.
La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a prévenu que l'élaboration du prochain budget exigerait « beaucoup de rigueur ». L'objectif de déficit n'a pas encore été fixé ; il doit l'être dans les prochaines semaines.
L'exécutif s'est engagé à ne pas augmenter les impôts des Français. Il entend réduire les dépenses de l'État et des ministères, tout en cherchant à élargir le périmètre de l'effort budgétaire.
Parmi les pistes évoquées figure une contribution de certains retraités. Maud Bregeon a jugé que les actifs ne pouvaient pas être les seuls à supporter les mesures de redressement des comptes publics. La mesure envisagée serait ciblée et ne viserait pas l'ensemble des retraités ; ses modalités restent à définir. Le ministre de l'Action et des Comptes publics, David Amiel, a par ailleurs indiqué que la participation des ménages les plus aisés serait aussi au programme des discussions, rappelant que des dispositifs visant les hauts revenus avaient déjà été adoptés lors des précédents budgets.
Les économies réalisées doivent permettre de préserver certaines priorités, dont la défense et la transition écologique. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, réunira lundi prochain un séminaire gouvernemental consacré notamment à ces arbitrages.
Le contexte parlementaire complique l'équation. Jean-Luc Mélenchon a promis de censurer le gouvernement face aux coupes budgétaires anticipées. Sébastien Lecornu a appelé les parlementaires au compromis, estimant qu'attendre l'élection présidentielle pour adopter le budget conduirait au désordre.
En marge des questions budgétaires, Emmanuel Macron a évoqué les cyberattaques ayant touché la France durant l'été. Un Conseil de défense doit être organisé d'ici à la mi-septembre pour établir les responsabilités et renforcer la vigilance des administrations. Les conséquences des incendies et des canicules estivales ont également été abordées, le chef de l'État demandant au gouvernement de poursuivre les actions engagées en matière d'adaptation au changement climatique, notamment pour répondre aux difficultés du secteur agricole.


6 commentaires
@Zoubi, tu touches quelque chose de réel. Moi c'est pareil, j'ai des retraités métropolitains qui viennent plonger ici chaque année depuis quinze ans, c'est un public fidèle, pas dépensier de manière extravagante, mais régulier. Si leur pouvoir d'achat recule, les premières économies qu'ils font c'est sur les voyages et les activités. Et pendant ce temps on nous parle de transition écologique dans le même budget, comme si protéger les récifs et saigner les gens qui viennent les voir allaient de pair. Wi, la saison prochaine me laisse un peu anxieux.
Il y a dans ce débat sur la contribution des retraités quelque chose qui rappelle les pages de Zola sur la solidarité entre générations, cette question jamais vraiment résolue de savoir qui doit porter le poids de l'époque. Ce qui m'interpelle, c'est la notion de "ciblage" : elle est rassurante sur le papier, mais l'histoire des politiques d'austérité montre que le périmètre a tendance à s'élargir une fois le principe acté. À La Réunion, où les pensions modestes font souvent vivre des familles entières, le mot "certains" mériterait d'être creusé bien avant le vote.
On a déjà vécu des plans de rigueur, et à chaque fois ce sont les mêmes qui trinquent à la fin. Les petites pensions, ce n'est pas du luxe, c'est juste de quoi tenir.
Moi j'ai ma petite pension et mon gîte pour compléter, mais tout ce que je gagne passe dans l'entretien de la maison et les trajets, ça coûte cher de vivre dans les hauts. Si on nous demande un effort de plus, il faudrait au moins que ceux qui décident viennent voir un peu comment on vit à Cilaos, loin de tout. Je ne dis pas que c'est injuste pour tout le monde, i fo regarder qui est vraiment à l'aise, mais faut pas mettre tout le monde dans le même panier.
Ce matin j'avais une cliente retraitée, elle m'a déjà dit qu'elle réfléchissait à espacer ses séances. Et on n'a même pas encore voté le budget...
Ce qui me préoccupe là-dedans, c'est surtout l'effet domino sur la consommation. Si les retraités voient leur pouvoir d'achat baisser, c'est direct moins de clients pour plein de petits commerces locaux, y compris des boutiques comme la mienne. On parle beaucoup de rigueur budgétaire mais personne ne chiffre l'impact réel sur les ventes des TPE. J'aurais voulu voir ça dans l'article.