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Quatre entrepreneuses mahoraises explorent le marché marocain avec la French Tech

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Quatre entrepreneuses mahoraises explorent le marché marocain avec la French Tech

« Elles Tech Tour Maroc » : des entrepreneuses mahoraises voient plus grand pour développer leur activité - Crédit le journal de mayotte


Quatre entrepreneuses de Mayotte ont pris part à la deuxième édition du « Elles Tech Tour Maroc », un déplacement financé par la French Tech Mayotte. Pendant plusieurs jours, elles ont rencontré des startups, des investisseurs, de grands groupes et des acteurs de l'innovation marocaine, dans l'idée d'élargir leurs réseaux et de repérer de nouvelles pistes pour leurs projets.

Pour Youmna Mouhamad, fondatrice de la marque de produits capillaires Nyfasi, le voyage avait au départ un objectif précis : trouver des distributeurs sur le marché marocain. Les rencontres ont rapidement dépassé cette attente. Une professionnelle lui a proposé de la former au « design thinking », une méthode centrée sur les besoins des utilisateurs pour faire évoluer un produit. « Elle a vu le potentiel de mon produit et elle m'a proposé de m'accompagner, même à distance. Je n'étais pas venue pour ça, mais c'est une vraie opportunité », dit-elle. Les échanges avec des femmes marocaines lui ont aussi permis de mieux cerner les habitudes d'achat locales. « C'était presque une première étude de marché. J'ai pu voir qu'il y avait un vrai intérêt », confie-t-elle.

Anazra Mohamed, fondatrice de Nouringa Coffee, cherchait pour sa part à renforcer la dimension digitale de son activité — recettes, gestion des franchises, commandes, expérience client. « L'objectif, c'était vraiment de voir comment on peut faire évoluer tout ça et accélérer le développement technologique de Nouringa », explique-t-elle. Elle a également profité du séjour pour rencontrer des experts et des investisseurs susceptibles d'accompagner la suite de son développement.

Lenonelle Redjeraka, vidéaste et porteuse du projet LEO DIGIT, est venue présenter une plateforme numérique destinée à valoriser les femmes entrepreneures et à tisser des liens entre Mayotte, l'océan Indien, l'Afrique et l'Europe. L'accueil a été favorable. « Le concept a beaucoup plu au Maroc, on m'a demandé si j'étais intéressée de faire le même, mais pour les femmes marocaines », rapporte-t-elle.

Le séjour a aussi mis en évidence des écarts structurels entre les deux territoires. Les participantes ont notamment évoqué les infrastructures : universités, centres de recherche, investisseurs et grandes entreprises y travaillent de concert pour accompagner les startups. « L'infrastructure, c'est le mot qu'on a tous évoqué. Ici c'est vraiment très développé. Quand on a visité le Technopark, ça nous a fait rêver à ce que pourrait devenir la Technopole de Mayotte. Il y a beaucoup à faire, mais Mayotte est un jeune territoire et il y a des choses qui sont en train d'être faites », explique Youmna Mouhamad. La logistique constitue un autre point de friction : un colis en provenance de Chine arrive en vingt jours au Maroc, contre parfois trois mois à Mayotte, selon son témoignage.

Les quatre participantes repartent avec la conviction que leurs projets peuvent s'exporter. « Ce séjour m'a permis de prendre conscience de l'opportunité que le Maroc offre pour l'internationalisation des technologies mahoraises et des entreprises mahoraises », résume Youmna Mouhamad, qui estime que les innovations développées à Mayotte ne devraient pas être pensées uniquement pour le marché local.

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