Le tribunal judiciaire de Saint-Denis a rejeté, par une ordonnance de référé du 25 juin 2026, les demandes d'annulation du congrès d'INTERCO CFDT tenu le 10 octobre 2025. La décision conforte la direction du syndicat et relance les tensions autour de la gouvernance de l'Union régionale CFDT.
Treize requérants — cinq organisations syndicales de la CFDT Réunion et huit adhérents d'INTERCO — avaient saisi la justice pour obtenir l'annulation de la décision du conseil syndical du 15 septembre 2025 et du congrès qui s'en était suivi. Le juge des référés a estimé qu'aucun « trouble manifestement illicite » n'était caractérisé. Le conseil syndical réuni le 15 septembre comptait 25 membres présents ou représentés sur 39, soit un quorum conforme aux statuts, ce qui a conduit le tribunal à juger que « le conseil syndical a valablement délibéré ». Les treize requérants ont été condamnés aux dépens et au versement solidaire de 2 500 euros au titre de l'article 700 du Code de procédure civile.
Cette ordonnance s'inscrit dans un feuilleton judiciaire. En janvier 2026, le même tribunal avait annulé la décision du conseil syndical du 7 août 2025, faute de quorum lors de cette réunion. C'est une délibération distincte, adoptée le 15 septembre, qui avait ensuite servi de base à la convocation du congrès d'octobre. Le juge a par ailleurs déclaré irrecevables les demandes portant sur la réunion du 7 août, en raison de l'autorité de la chose jugée attachée au jugement du 27 janvier 2026.
Une médiation conduite par la Confédération CFDT avait abouti, le 28 mai dernier, à la signature d'un protocole de sortie de crise. Selon INTERCO, neuf organisations syndicales représentant plus de la moitié des adhérents de la CFDT Réunion y ont adhéré. Ce protocole prévoit le retrait de nouvelles actions judiciaires et l'abandon de l'appel formé contre le jugement du 27 janvier 2026.
Le secrétaire général d'INTERCO CFDT, Alain Mani, a réagi à la décision du 25 juin : « Cette décision rétablit clairement la légalité de notre démarche. Nous avons organisé ce congrès dans le strict respect de nos statuts, avec le quorum requis et en toute transparence. Il est temps que l'ensemble des structures de la CFDT Réunion se concentrent désormais sur l'organisation d'un congrès régional. » Le syndicat indique qu'aucun congrès régional ne s'est tenu depuis décembre 2021, alors que les statuts en prévoient un tous les quatre ans, et qu'aucun conseil syndical régional ne s'est réuni depuis août 2025. Les mandats des conseillers élus en 2021 seraient arrivés à échéance en décembre 2025. INTERCO accuse la direction actuelle de l'Union régionale de « se maintenir abusivement au pouvoir » et réclame la convocation, sous quinze jours, d'un conseil syndical ayant pour seul objet l'organisation d'un congrès régional avant fin juillet.


8 commentaires
Il est temps que la démocratie s'exprime, et que stoppent ces situations de pouvoir illégitimes.
A vouloir stopper un syndicat au sein duquel ils n'ont pas le droit de s'ingérer, ils cachent leur despotisme et montrent leur volonté à perdurer en toute illégalité. Car ne nous y trompons pas, ceux qui ont intenté cette action contre la CFDT Interco et son Secrétaire Général sont bien ceux qui veulent tromper les adhérents de leurs syndicats respectifs, et de l'ensemble des syndicats CFDT de la Réunion. Mais la CFDT n'est pas cela, les valeurs qui animent ce syndicat sont celles de La défense des travailleurs, dans le respect mutuel, et avec la démocratie comme garant de leur action.
Aussi, que ceux qui ont voulu faire leur dentelle! reviennent à la valeur de base de la CFDT : LA DEMOCRATIE, et organisent le Congrès de la CFDT RÉUNION.
@Lulu, le fait que tes clients n'en parlent pas ne veut pas forcément dire que ça n'a pas d'impact, hein. Les conflits de gouvernance dans les syndicats territoriaux ça joue sur les négociations de branche, sur les accords locaux, sur des trucs concrets que les gens subissent sans savoir pourquoi. Je serais curieux de savoir si entrepreneur.re a eu accès au protocole de médiation du 28 mai pour vérifier ce que signifie exactement « plus de la moitié des adhérents », parce que là on s'appuie uniquement sur la communication d'INTERCO.
Franchement, moi j'ai ouvert mon restaurant à Saint-Leu pour bosser, pas pour suivre des feuilletons syndicaux. Mais bon, y'a des agents territoriaux qui travaillent sur des dossiers qui touchent le tourisme, les animations en bord de lagon, les aides aux petits restaurateurs, et quand leurs instances sont bloquées depuis des mois, c'est toute la chaîne qui rame. Ça fait depuis décembre 2021 qu'y'a pas eu de congrès régional, c'est quand même pas rien.
Franchement moi mes clients sur le front de mer i me parlent jamais de ça, et pourtant y'a des agents territoriaux, des fonctionnaires, domoun de tout bord qui viennent manger chez moi. Mais bon, si ça fait depuis décembre 2021 qu'y'a pas eu de congrès régional, là c'est quand même pas sérieux, même dans mon food truck quand y'a un problème d'organisation on attend pas cinq ans pour le régler !
Deux mille cinq cents euros de frais à payer solidairement, ça pique.
Dans une coopérative, quand y'a un désaccord sur la gouvernance, on règle ça en assemblée et on passe à autre chose, parce que le travail attend pas. Là ça fait des mois que ça traîne, depuis août 2025 paraît-il que le conseil syndical régional se réunit même plus. C'est ça qui m'interpelle, le péi-la a besoin de syndicats qui fonctionnent, pas de feuilletons à n'en plus finir.
Je comprends pas tout aux procédures syndicales, mais j'ai une question sincère : est-ce que ce type de conflit interne affecte la capacité du syndicat à défendre vraiment les salariés au quotidien ? Parce que là on parle de mois et de mois de tensions judiciaires, et les adhérents dans tout ça ?
Honnêtement, dans les hauts on entend peu parler de ces histoires de syndicats. Les familles ici ont d'autres préoccupations, la saison des pluies qui tarde ou qui arrive trop vite, les chouchous à sortir avant que le temps tourne. Bon courage quand même à ceux qui essaient de remettre de l'ordre là-dedans.