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L'OTI Nord de La Réunion veut retenir les touristes, pas les voir partir

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L'OTI Nord de La Réunion veut retenir les touristes, pas les voir partir

Porte d'entrée de La Réunion, le Nord veut désormais retenir les touristes - Crédit Zinfos974 - Économie


C'est à la Maison Carrère, à Saint-Denis, que l'Office de tourisme intercommunal du Nord (OTI Nord) a présenté mercredi 19 août sa nouvelle feuille de route. Présidée par Yassine Mangrolia, la structure a défini quatre axes de travail : accueil et information des visiteurs, coordination des acteurs locaux, accompagnement des socioprofessionnels et valorisation du patrimoine.

Le territoire Nord est la première zone de débarquement de l'île et accueille la majorité des quelque 550 000 touristes qui visitent La Réunion chaque année. L'enjeu n'est plus seulement de les recevoir, mais de les retenir. Jennifer Selemany, vice-présidente de l'OTI et élue à Sainte-Suzanne, résume l'ambition : faire du Nord « une destination que l'on vient découvrir, mais surtout une destination dans laquelle on a envie de rester, de consommer, de revenir, et dont on puisse parler autour de soi ».

Un changement de statut accompagne cette orientation. En octobre 2025, l'OTI passera du statut associatif à celui d'établissement public industriel et commercial (EPIC), ce qui lui donnera davantage de moyens financiers et humains pour commercialiser des produits touristiques. Du côté de l'accueil physique, de nouveaux locaux seront inaugurés entre fin octobre et mi-novembre au port de Sainte-Marie, en complément du bureau de Sainte-Suzanne près du phare de Bel Air. Une refonte du site internet et un renforcement sur les réseaux sociaux sont également prévus.

Sur le volet coordination, des ateliers thématiques seront organisés à destination des hôteliers, restaurateurs et organisateurs d'événements. Un observatoire statistique sera créé pour mesurer l'impact des actions menées. Frédéric Foucque, second vice-président et représentant des socioprofessionnels, pointe un angle mort : la plupart des acteurs du secteur ignorent qu'ils peuvent bénéficier d'un accompagnement de l'OTI. Le comité de direction envisage par ailleurs de créer des forfaits combinant restauration, activités et hébergement, afin de proposer aux visiteurs des parcours cohérents sur le territoire.

Le Nord revendique 5 282 lits en hôtel, 250 restaurants avec service à table, 71 activités de loisir et le label « commune touristique » pour Saint-Denis. Obtenir le label « Destination d'Excellence » figure parmi les objectifs de l'année. Parmi les projets concrets : la redynamisation du quartier de Bel Air à Sainte-Suzanne, la transformation du port de Sainte-Marie en lieu d'accueil événementiel, et l'amélioration de l'accès aux sentiers des Hauts de Saint-Denis. Yassine Mangrolia tient à replacer l'ensemble dans un cadre plus large : « Chacun valorise bien sûr son territoire, mais en réalité, nous voulons valoriser l'île de La Réunion. Nous travaillons avec le CRT, le comité régional du tourisme, et le but, c'est que ce soit La Réunion qui gagne. »

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8 commentaires

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TataYoyo 23/08/2026 à 09:24

Comme dit Mémé Marthe, et elle a bien raison. Moi j'ai travaillé des années à l'hôpital Nord, et les touristes qui venaient faire des soins urgences ou juste demander leur chemin, c'est souvent comme ça qu'ils découvraient Saint-Denis, par accident. Si l'OTI avait existé comme ça à l'époque, avec des gens formés pour accueillir comme il faut, ça aurait changé l'image qu'ils repartaient avec. Le touriste qu'on laisse se débrouiller tout seul, il rentre chez lui avec une impression froide, et c'est dommage pour le péi-la.

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Alex 23/08/2026 à 08:41

L'observatoire statistique, c'est bien, mais on va mesurer quoi exactement et avec quelle méthodologie ? Parce que "mesurer l'impact des actions menées" sans préciser les indicateurs retenus, c'est une phrase qu'on met dans tous les rapports d'orientation. Le passage en EPIC va effectivement déverrouiller des capacités commerciales, mais je reste curieux de savoir si les outils numériques prévus seront développés en interne ou externalisés, et si les prestataires choisis connaissent vraiment les spécificités d'un marché touristique insulaire.

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PépéBassin 23/08/2026 à 08:22

Dans le Sud, on voit les touristes passer vite, comme les bancs de poissons qui longent le bord et continuent leur route. Retenir quelqu'un, ça ne se fait pas avec un beau dépliant, ça se fait quand il sent que l'endroit a une âme, une histoire, des gens qui savent pourquoi ils sont là. J'espère que cette valorisation du patrimoine dont ils parlent, c'est pas juste des panneaux neufs au bord de la route.

M
Mémé Marthe 23/08/2026 à 07:23

Le touriste qui part vite, c'est comme la pluie sur le toit en tôle, ça fait du bruit et après y'a plus rien.

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Lastron-Leïla 23/08/2026 à 07:16

La refonte du site et le renfort sur les réseaux, wi, mais faut pas rater ça. Un site OTI qui ressemble à un dépliant PDF en ligne ça donne pas envie, domoun zot vont juste scroller et partir. J'espère qu'ils bossent avec des gens du coin qui connaissent les codes.

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Lulu 23/08/2026 à 07:14

Moi j'attends de voir, hein. Y'a des années qu'on nous parle de retenir les touristes dans le Nord, et mes clients du food truck me disent souvent qu'ils ont pas su qu'il y avait autant à faire par ici avant que je leur en parle moi-même. Les 250 restaurants avec service à table c'est bien joli sur le papier, mais nous les petits formats on existe aussi, et les ateliers thématiques pour les pros ça serait bien qu'on soit invités nous aussi, pas seulement les hôteliers.

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Hugo Saline les bains 23/08/2026 à 07:08

Le passage au statut d'EPIC en octobre, c'est une vraie charnière. En Bretagne, les offices de tourisme qui ont fait ce chemin ont mis 2 à 3 ans avant de sentir les effets concrets sur leur capacité à commercialiser. Ce qui m'intéresse surtout ici c'est l'idée de forfaits combinés restauration-activité-hébergement, c'est exactement ce que font les agences locales en Nouvelle-Calédonie et ça change l'expérience client de façon radicale. Est-ce que quelqu'un sait si des opérateurs locaux ont déjà été associés à la conception de ces forfaits ?

M
Marie-Hélène 23/08/2026 à 07:04

Ce passage sur la coordination des acteurs m'a particulièrement retenue. Il est frappant que Frédéric Foucque reconnaisse lui-même que la majorité des professionnels ignore les dispositifs d'accompagnement existants. C'est un problème de médiation, pas seulement de communication, et ça demande un travail de terrain patient. La création d'un observatoire statistique va dans le bon sens, à condition que les données produites soient véritablement partagées avec les acteurs associatifs et pas seulement exploitées en interne. On a vu dans d'autres régions françaises que ces outils restent souvent des coquilles vides faute de gouvernance claire.