Espace membre :

Suivez-nous

Fillette oubliée dans un bus à Saint-Benoît : le chauffeur mis à pied

Partager sur :
Fillette oubliée dans un bus à Saint-Benoît : le chauffeur mis à pied

Fillette oubliée dans un bus scolaire : la STOI s'explique et sanctionne le chauffeur - Crédit Zinfos974 - Société


La Société de Transport de l'Océan indien (STOI) a mis à pied le chauffeur impliqué dans l'incident de Saint-Benoît, où une fillette de trois ans avait été retrouvée seule dans un bus scolaire après la tournée du matin. Son directeur administratif et financier, Benoît Molusson, a contacté la rédaction ce samedi pour donner la version de l'entreprise.

La sanction a été décidée en interne, sans attendre l'injonction formulée la veille par la Cirest, qui avait « formellement sommé » la STOI de prendre des « mesures disciplinaires équivalentes et immédiates ». « On sait prendre nos responsabilités et ce que l'on a à faire », a répondu Benoît Molusson. Le chauffeur, qui travaille depuis quinze ans pour la société avec un parcours jugé « irréprochable », a accepté la sanction. « Il accuse le coup, il a accepté sa sanction et la comprend », précise le responsable.

La Cirest avait de son côté suspendu les deux accompagnatrices de transport scolaire (ATS) présentes dans le véhicule, dans l'attente d'une mesure disciplinaire. L'intercommunalité considère que l'incident résulte d'un « manquement individuel grave et inexcusable aux procédures strictes de contrôle visuel en fin de ligne », une obligation qui s'imposait selon elle à l'ensemble de l'équipage.

La STOI, elle, pointe des « dysfonctionnements à différentes échelles ». Benoît Molusson explique que la Cirest avait renforcé la présence des accompagnateurs dans les bus en leur confiant le comptage des enfants, avec un listing de montée et de descente. « La Cirest a doublé les ATS en nous disant : c'est nous qui nous occupons des enfants, vous avez juste à regarder s'il reste des objets oubliés. Mais tout ce qui est enfants, c'est nous qui nous en occupons, avec un listing de montée dans le bus et de descente. Comment ont-ils pu cocher le fait que l'enfant soit descendue alors qu'elle était encore dans le bus ? », s'interroge-t-il. La STOI affirme par ailleurs n'avoir jamais donné à ses chauffeurs de « consignes pour ne plus faire de contrôle systématique ».

À la suite de l'incident, l'entreprise a rappelé à l'ensemble de ses conducteurs leur obligation de revérifier chaque véhicule après chaque tournée. Cette vérification finale par le chauffeur sera désormais systématique, en complément du contrôle effectué par les ATS.

Sur les circonstances de la découverte, Benoît Molusson indique que le bus était stationné au dépôt, porte ouverte, ce qui assurait une ventilation naturelle. L'enfant a été prise en charge par le personnel de la société. « Elle a été nourrie et hydratée », précise-t-il. La fillette allait bien et s'est mise à dessiner et à regarder des dessins animés. La STOI dit avoir immédiatement prévenu la Cirest et avoir refusé qu'un agent de l'intercommunalité vienne seul sur place, souhaitant que l'enfant soit remise à sa mère ou aux gendarmes. La mère est finalement venue récupérer sa fille au dépôt et aurait fait part de son intention de déposer plainte.

La Cirest signale également une défaillance côté école : un « quatrième contrôle » n'aurait pas été effectué, soit le croisement entre la liste des enfants transportés et leur présence effective en classe. « C'est inadmissible ce qui s'est passé, que ce soit au niveau des ATS, du chauffeur et de l'école, qui aurait dû appeler la mère puisque l'enfant était absente », estime Benoît Molusson. Un audit du respect des protocoles de sécurité sur l'ensemble du réseau de transport scolaire de la Cirest, enclenché vendredi, doit se poursuivre lundi.

Source

11 commentaires

Écrivez votre commentaire...
P
PépéBassin 22/08/2026 à 17:23

Comme dit Mamie Câline, cette image de la petite qui dessine toute seule pour passer le temps, ça reste. Quand on passe sa vie en mer, on apprend vite que la sécurité d'un équipage, c'est pas une procédure sur du papier, c'est une habitude ancrée dans le corps, vérifiée à chaque départ, à chaque retour. Un marin qui rentre au port fait le tour de son bateau avant de partir dormir, c'est automatique, c'est viscéral. Quand ça devient une case à cocher sur un listing, le jour où quelqu'un coche sans regarder, c'est inévitable. Ce qui s'est passé là, c'est le genre d'accident qui arrive quand on a remplacé le soin par une procédure.

T
Thierry Lebon 22/08/2026 à 16:38

@Boug du Lagon, votre lecture est juste sur le fond, mais il faut préciser un point : la STOI est un prestataire privé lié à la Cirest par un contrat de délégation de service public. Ce n'est pas un simple sous-traitant qu'on peut instruire unilatéralement de modifier ses procédures internes sans que cela soit formalisé par un avenant. Quand la Cirest dit avoir confié le comptage des enfants aux ATS en retirant cette charge au chauffeur, si cette consigne n'a pas fait l'objet d'un document contractuel opposable, on est dans du flou juridique qui complique sérieusement les responsabilités. L'audit annoncé lundi devrait commencer par examiner précisément cet aspect-là.

M
Mamie Câline 22/08/2026 à 15:12

Quand on lit ça, on pense d'abord à cette petite qui dessinait toute seule pour se donner une contenance. Les enfants ont une façon de faire face qui serre le coeur. Ici à Cilaos, on est loin de tout, et il arrive que les parents soient longtemps sans nouvelles quand le bus tarde dans les virages. Mais on se connaît tous, le chauffeur sait le prénom de chaque marmay, et ce lien-là compte autant que les procédures écrites. Ce qui manque dans cette histoire, c'est peut-être simplement ça : que quelqu'un ait regardé ce bus comme si c'était le bus de son propre petit.

Z
Zoubi 22/08/2026 à 14:08

Mon fils a pris le bus scolaire pendant des années et à chaque fin de tournée je regardais par la fenêtre jusqu'à ce qu'il rentre. On est comme ça les mamans, on peut pas s'en empêcher. Cette petite qui dessine toute seule pour passer le temps, ça m'a serré le coeur.

J
JeanFrak 22/08/2026 à 13:24

Ce qui frappe dans cette affaire, c'est la même erreur qu'on retrouve dans les mauvais projets de construction : on superpose des intervenants sans définir clairement qui est maître d'ouvrage de la sécurité. La STOI pose les murs, la Cirest installe la toiture, et personne ne lit le plan d'ensemble. Résultat, il y a des joints qui ne tiennent pas. Une petite de 3 ans a failli en faire les frais.

P
Patrick974 22/08/2026 à 12:12

@Boug du Lagon, tu soulèves quelque chose d'important. Ce renvoi de responsabilités entre la STOI et la Cirest, c'est un classique de ce qu'on appelle le risque de gouvernance partagée : quand deux acteurs se répartissent une mission sans que l'un soit clairement redevable in fine, les failles se nichent précisément à la jonction. La Cirest confie le comptage aux ATS, la STOI dit qu'on lui a retiré cette charge, et au bout du compte une enfant de trois ans se retrouve seule dans un bus. La question que je poserais à l'audit lundi, c'est celle du contrat : qui est contractuellement responsable de la sécurité des passagers, à quelle étape, et comment c'est écrit noir sur blanc ?

D
David 22/08/2026 à 11:22

Franchement la question du listing monté/descendu géré par les ATS, c'est du bon sens sur le papier, mais si personne vérifie derrière, ça vaut rien. Dans mon restaurant j'ai des procédures aussi, mais je contrôle quand même le soir que tout est fermé, je ne délègue pas à 100% sur un point critique. La STOI a raison sur un truc : tout le monde a failli, pas juste le chauffeur.

K
KékéSurf 22/08/2026 à 11:17

15 ans de boulot irréprochable et c'est lui qui trinque le premier. Le système a merdé à plusieurs endroits, les sanctions devraient suivre le même chemin.

P
PtiBatik 22/08/2026 à 11:11

Ce qui me trouble, c'est que cette petite a attendu, seule, et qu'elle s'est mise à dessiner pour passer le temps. Les marmay font ça, ils trouvent un truc pour tenir. Mais c'est aux adultes de ne pas créer ces situations. Trop de procédures, pas assez de bon sens, lé pa fasil de voir que quatre niveaux de contrôle ont tous raté le même matin.

M
Marie 22/08/2026 à 11:10

Un enfant de 3 ans dans un bus vide, ça ne devrait jamais arriver. Peu importe qui a failli, l'audit lundi c'est le minimum.

B
Boug du Lagon 22/08/2026 à 11:00

Un article sur un dossier business mais l'essentiel est là : une petite de 3 ans oubliée dans un bus, et tout le monde se renvoie la balle. La STOI dit c'est la Cirest, la Cirest dit c'est les ATS, et l'école n'a même pas appelé la mère. Quand y'a un incident sur l'eau, on ne cherche pas à savoir qui avait la responsabilité du gilet de sauvetage, on corrige le système entier. Là c'est pareil.