Le marché forain de Saint-André a passé vendredi son premier test de rentrée scolaire dans sa nouvelle configuration, avenue de la République. Les craintes d'un blocage de la circulation ne se sont pas concrétisées, même si quelques ralentissements ont été signalés sur les axes alentour.
Déplacé il y a trois semaines pour laisser place aux travaux de la future Grande Place, le marché restera sur ce site provisoire un peu plus de deux ans. Plus de 140 forains s'y sont installés. Dans un communiqué, la Ville de Saint-André juge les premiers retours « satisfaisants », aussi bien sur les conditions d'installation que sur la fréquentation.
La municipalité indique avoir choisi ce site pour maintenir le marché « au plus près du centre-ville plutôt que de l'installer sur un site périphérique », avec l'objectif de « préserver les flux générés par le marché afin qu'ils continuent à profiter aux commerces et aux services environnants ». Elle estime que la nouvelle implantation offre « un linéaire plus intéressant et plus lisible pour les clients, tout en permettant une meilleure organisation générale du marché ».
Le président de l'association des commerçants, Shiva Mouraman, confirme l'absence de chaos circulatoire. Il se dit satisfait d'une « prise en compte de notre courrier » par la municipalité, « même si nous ne sommes pas conviés aux réunions », citant notamment le report de la date de lancement de la nouvelle formule. Il préfère néanmoins attendre avant de tirer un bilan complet. L'association veut mesurer les effets de l'occupation de l'avenue sur la fréquentation des commerces du centre-ville.
La Ville précise que des travaux et aménagements se poursuivront pour améliorer « progressivement le confort des forains et du public, notamment en matière d'accessibilité, de cheminements et de fonctionnement général du site ». « Nous pouvons aujourd'hui nous féliciter de cette délocalisation réussie et surtout de la capacité de chacun à s'adapter », a déclaré le maire Joé Bédier.


8 commentaires
Mémé Marthe a tout dit, la tomate qui sent bon c'est ça le marché, pas les linéaires. Moin lé contente que ça s'est passé sans pagaille pour les forains, ces gens-là travaillent dur et ils méritent la paix. Mais deux ans sur un site provisoire c'est long, faut espérer que la mairie tient ses promesses sur les aménagements, surtout pour les personnes qui ont du mal à marcher.
@Patrick974 a mis le doigt dessus et je compléterai : un président d'association qui dit publiquement qu'il n'est pas convié aux réunions, c'est pas anodin. On connaît cette musique depuis longtemps dans le monde syndical, on t'envoie un courrier en retour pour dire qu'on a bien reçu tes doléances, et on continue à décider entre nous. Les forains, ils bossent sous le soleil à cinq heures du matin pendant que les réunions se tiennent dans un bureau climatisé. Le jour où Mouraman sera autour de la table à côté du maire, là on pourra parler de vraie concertation.
@Marie-Hélène a bien relevé quelque chose d'important. Ce que dit Mouraman sur l'absence d'invitation aux réunions mérite qu'on s'y arrête. Une municipalité qui consulte les commerçants seulement par courrier interposé, c'est une forme de gouvernance qui crée des angles morts. On obtient un premier vendredi sans chaos, c'est bien, mais la vraie question c'est : dans six mois, est-ce que les commerces environnants auront maintenu leur chiffre d'affaires, ou est-ce que le déplacement du marché aura silencieusement drainé les flux ailleurs ? La fréquentation subjective du vendredi ne dit rien là-dessus.
Avant, le marché de Saint-André, on venait à pied depuis loin et on rentrait les bras chargés. Aujourd'hui on parle de linéaire et de flux, mais ce qu'on cherche au marché c'est d'abord trouver un visage qu'on connaît et une tomate qui sent bon. Faut espérer que ça reste.
Ce qui est intéressant dans cet article, c'est la tension que l'on perçoit entre la mairie et les représentants des commerçants. Monsieur Mouraman dit être satisfait de la prise en compte de leur courrier, mais précise qu'ils ne sont pas conviés aux réunions. C'est une nuance importante. La co-construction avec les acteurs économiques directement concernés n'est pas un détail, c'est ce qui détermine souvent la réussite durable d'un projet d'aménagement urbain. Un premier vendredi sans accroc, c'est bien. Deux ans de gestion partagée et concertée, c'est un autre chantier.
Est-ce que quelqu'un sait si le marché est accessible en bus depuis le centre pour les touristes qui n'ont pas de voiture ? On envoie parfois nos hôtes visiter les marchés locaux le vendredi et Saint-André est souvent cité, mais la question du stationnement revient régulièrement. En Bretagne on aurait mis en place des navettes dans ce genre de situation, je me demande si la ville a prévu quelque chose de similaire.
J'ai eu deux clients vendredi matin qui revenaient justement de Saint-André, ils m'ont dit que ça circulait mieux qu'ils craignaient. Après, un forain que je connais de Lo Port m'a dit que le linéaire lé bon mais que l'ombre manque sérieusement. Faudra voir à la saison chaude ce que ça donne, parce que là en septembre c'est encore supportable.
Bon, ça roule pour les Andrésiens, tant mieux. Mais franchement, à chaque fois qu'on parle de travaux sur l'île, on tremble pour la circulation et au final c'est toujours "satisfaisant". Le jour où on dira pareil pour les embouteillages du littoral ouest un samedi matin avec mes clients qui veulent rallier le lagon, je serai vraiment content.