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Letchis à La Réunion : la floraison démarre bien, l'incertitude demeure

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Letchis à La Réunion : la floraison démarre bien, l'incertitude demeure

Floraison des letchis : des premiers signaux encourageants, mais la récolte reste suspendue à la météo - Crédit Zinfos974 - Société


Les letchis sont en fleurs dans les vergers réunionnais. La floraison a débuté dans les exploitations de l'île, et les premières observations sont encourageantes après une année 2025 marquée par le passage du cyclone Garance. Mais entre la fleur et le fruit dans le bol, la prudence reste de mise.

Malgré un hiver particulièrement chaud, l'écart de température entre le début de l'année et les mois de mai-juin a suffi à placer les arbres en situation de stress, étape indispensable au déclenchement de leur reproduction. Les abeilles prennent désormais le relais pour la pollinisation. Vient ensuite la nouaison, phase durant laquelle les fleurs fécondées se transforment en jeunes fruits verts. Seules 2 à 5 % d'entre elles donneront un letchi à maturité.

« Tant que le letchi lé pas dans le bol… », résume avec prudence une exploitante. « Les années se suivent mais ne se ressemblent pas », ajoute un autre producteur. La floraison n'est qu'un premier signal. L'irrigation sera déterminante dans les semaines à venir, plusieurs secteurs de l'île affichant un déficit hydrique. Des épisodes venteux, de fortes pluies ou un éventuel cyclone pourraient encore compromettre la campagne. « Il y a beaucoup de travail derrière, les gens ont tendance à l'oublier quand un letchi se mange en cinq secondes », dit une exploitante, qui évoque aussi la hausse des coûts de production.

La filière reste largement concentrée dans l'Est de l'île. Saint-Benoît (252 hectares) et Sainte-Rose (107 hectares) regroupent à elles seules près de 60 % des surfaces plantées en letchis. Selon les données du recensement agricole analysées par l'ODEADOM, la filière comptait 476 exploitations en 2020, contre 713 dix ans auparavant, tandis que les surfaces cultivées reculaient de 702 à 590 hectares.

Le letchi appartient à une filière fruits qui produit près de 38 000 tonnes par an à La Réunion et couvre environ 60 % des besoins en fruits frais de l'île, selon la DAAF. Le couple letchis-longanis figure parmi les principales productions fruitières réunionnaises, derrière les agrumes, les bananes et les ananas. La récolte, elle, ne sera connue qu'en fin d'année.

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7 commentaires

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A
Alex 15/08/2026 à 17:31

@Zilo, tu poses la bonne question sur l'IoT mais je nuancerais un peu. Des capteurs d'humidité sol ou des outils de monitoring en temps réel, ça existe déjà et c'est pas réservé à des startups, certaines coopératives agricoles en Nouvelle-Zélande ou en Afrique du Sud l'utilisent depuis des années. Le vrai frein ici c'est pas la technologie, c'est le modèle économique derrière : une exploitation de quelques hectares à Sainte-Rose ne peut pas amortir ce type d'investissement seule. Si on ne parle pas de mutualisation des coûts ou d'un accompagnement sérieux de la chambre d'agriculture, le sujet restera au stade des bonnes idées.

J
Jean-Marc 15/08/2026 à 16:18

Moi je connais un exploitant à Saint-Benoît, il me parle des letchis comme moi je parle d'un chantier qui dépend de la météo. Tu prépares, tu organises, et après tu croises les doigts. La différence c'est que lui il attend des mois pour savoir si c'est rentable. Respect pour eux, franchement, parce que les coûts de production qui montent ça j'connais, et dans ces conditions-là tenir une exploitation lé pa fasil.

V
Vavangue 15/08/2026 à 15:21

Les abeilles sont mentionnées et ça fait plaisir, mais on s'arrête là. Ce qu'on dit moins c'est que si les vergers sont traités au mauvais moment de la floraison, les pollinisateurs trinquent et la nouaison aussi. Je place des ruches près de vergers de letchis certaines saisons et la coordination avec les producteurs c'est pas toujours évident. Il y a un vrai sujet là, pour la filière et pour les apiculteurs du péi.

L
Lastron-Leïla 15/08/2026 à 15:20

"Un letchi se mange en cinq secondes" et ça résume tout, non ? Le problème de communication de cette filière c'est exactement ça. Personne ne raconte le travail derrière, les coûts, le stress hydrique. Un bon storytelling sur les réseaux et les consommateurs paieraient peut-être mieux leur kilo.

Y
Yannick P 15/08/2026 à 15:12

Ce qui m'intéresse c'est la suite logistique. Une bonne récolte c'est bien, mais le letchi ça se conserve pas longtemps et les volumes à exporter vers Maurice ou la métropole ça se prépare des semaines à l'avance. Si la campagne démarre tard, les créneaux de fret sont déjà pris. La filière devrait bosser plus tôt avec les transitaires, pas attendre de voir combien de sacs sortent du verger.

R
Roselyne 15/08/2026 à 15:07

Dans le cirque on ressent le manque d'eau aussi, même si on est pas sur la côte Est. Cette année l'hiver était vraiment trop chaud, les bêtes et les plantes étaient perdues. Les familles qui font des letchis à Salazie, y'en a de moins en moins, les jeunes partent et les vieux arrêtent. Tant que le prix au kilo reste ce qu'il est, lé pa fasil de tenir.

Z
Zilo 15/08/2026 à 15:00

Intéressant de voir que la filière perd autant d'exploitations en dix ans, 476 contre 713 c'est quand même un drop sérieux. Y'a pas moyen d'utiliser des capteurs IoT pour l'irrigation ou surveiller la nouaison en temps réel ? Des startups agritech font ça ailleurs, je comprends pas pourquoi on n'entend pas parler de ça ici.