Les 15 et 16 août, le site de Miel Vert, à la Plaine-des-Cafres, accueille la première édition de La Plaine en Fête. L'événement réunit deux manifestations jusqu'ici distinctes : la fête de la pomme de terre et celle du cheval. L'entrée est gratuite.
L'initiative revient à la commune du Tampon. «Plutôt que d'avoir la fête du cheval d'un côté et la fête de la pomme de terre de l'autre, l'idée est de tout mettre ensemble», a déclaré le maire Alexis Chaussalet, qui s'est rendu mardi 11 août à la rencontre de deux planteurs, Antoine Lebian et Alain Corré, avant de visiter le centre équestre du Volcan.
Parmi les temps forts du programme figure la vente directe de pommes de terre, avec plusieurs variétés présentées au public. La question des débouchés reste tendue pour les producteurs locaux. Antoine Lebian, agriculteur à Notre-Dame-de-la-Paix, juge la récolte bonne cette année, mais dénonce des prix trop bas et des difficultés à vendre auprès des grands acteurs de la distribution locale. Il accueille favorablement l'événement, tout en notant que la date du 15 août entre en concurrence avec d'autres rendez-vous populaires.
Anne Fontaine, onzième adjointe déléguée à l'agriculture, à l'irrigation et à la retenue collinaire, replace La Plaine en Fête dans un contexte plus large. Elle rappelle le rôle historique du Tampon comme territoire nourricier de l'île, et signale que l'accès à l'eau reste une contrainte pour une partie des exploitants, dans un contexte de sécheresse.
Le volet équestre proposera balades, tours en calèche, baptêmes à poney et activités diverses, certaines payantes. Des spectacles de danse, des jeux pour enfants et des restaurateurs mettant la pomme de terre à l'honneur compléteront le programme. Le concours d'épluchage se tiendra samedi et dimanche à 10h ; le concours «Mister Patate» se conclura par une remise de trophées le dimanche à 16h30.


10 commentaires
@Sébastien V., vous soulevez la bonne question. Ce que j'observe régulièrement dans ce type de démarche, c'est qu'on crée l'événement avant de créer la filière. Or la vente directe sur deux jours, aussi bien organisée soit-elle, ne résout pas le problème structurel de la mise en marché. Antoine Lebian dit que la récolte est bonne mais que les prix sont trop bas : c'est le signe classique d'un marché où l'offre est captive et où le distributeur a le rapport de force. La vraie question, c'est de savoir si la commune du Tampon, au-delà de la fête, pilote une réflexion sur les circuits courts structurés, les coopératives ou les marchés de gros alternatifs. Sans ça, on organise une belle journée, et le planteur repart avec le même problème le 17 août.
Mes patients de la Plaine m'en parlent depuis des semaines de cet événement. Antoine Lebian, je connais sa femme, elle est dans mon circuit côté Plaine-des-Cafres. Ce qu'il dit sur les prix trop bas, c'est exactement ce que j'entends à chaque tournée, des gens qui travaillent dur et qui n'arrivent pas à s'y retrouver. J'espère que la vente directe ce week-end va leur ramener un peu de souffle.
@Hugo Saline les bains, votre comparaison avec la Bretagne est pertinente, mais attention tout de même à ne pas confondre mutualisation des publics et mutualisation des structures juridiques. Ici c'est la commune qui porte l'événement, ce qui simplifie beaucoup les questions de responsabilité et de financement, mais ça limite aussi l'autonomie des filières agricoles et équestres pour décider du contenu et des orientations. Une association interprofessionnelle aurait des leviers différents, pas nécessairement meilleurs, mais différents.
Ce que dit Antoine Lebian sur les prix, je vis exactement la même chose avec mes fournisseurs de bœuf et de porc. La récolte est bonne, la bête est belle, mais au bout de la chaîne y'a toujours la grande surface qui écrase les marges. La vente directe sur ce type de fête, c'est bien, mais deux jours ça ne règle pas douze mois de pression. Il faudrait que les consommateurs prennent l'habitude d'acheter chez le producteur ou l'artisan le reste de l'année, pas seulement quand c'est mis en scène par la mairie.
@PépéBassin, vous pointez quelque chose d'essentiel. La vente directe lors de ce type d'événement est un levier intéressant, mais il conviendrait de s'interroger sur ce que la commune du Tampon prévoit en dehors des deux jours festifs pour accompagner les producteurs dans l'accès aux marchés. Les dispositifs existent, au niveau régional notamment, mais leur articulation avec les réalités de terrain reste souvent perfectible. La fusion des deux manifestations est une décision de gestion cohérente, cela dit.
Ce qui m'intéresse dans cette fusion des deux fêtes, c'est la logique de mutualisation des publics. En Bretagne on voit beaucoup ça, des festivals qui combinent plusieurs filières agricoles pour rentabiliser les efforts d'organisation et toucher plus de monde. La vraie question c'est la suite : est-ce que l'événement sera reconduit avec un ancrage plus solide, ou ça reste un test ? Et le problème des prix à la distribution, c'est exactement ce qu'on observe dans d'autres territoires insulaires comme la Corse, c'est structurel et une fête ne suffit pas à le régler.
Entrée gratuite le 15 août, respect. La sécheresse dont ils parlent pour l'irrigation, c'est un vrai sujet, pas juste pour les agriculteurs.
Article intéressant sur un événement qui mérite d'être mis en avant. Je note simplement que la question des débouchés pour les producteurs locaux mériterait d'être précisée : les difficultés évoquées avec la grande distribution concernent-elles des questions de référencement, de volumes, ou de conditions tarifaires imposées ? Ce ne sont pas les mêmes leviers politiques qui s'appliquent selon le cas, et la commune du Tampon n'a pas les mêmes marges de manoeuvre sur chacun de ces points.
Le Tampon qui réunit les deux fêtes en une, lé bon comme idée. Mais j'aurais aimé qu'on parle aussi un peu plus de l'histoire de ces fêtes séparées, depuis combien d'années elles existaient.
La Plaine-des-Cafres, c'est un territoire qui nourrit l'île depuis des générations, comme la mer nous a nourris nous dans le Sud. Ce qui me touche dans cet article, c'est le planteur qui dit que la récolte est bonne mais qu'il ne trouve pas à vendre à un prix juste. On connaît ça, nous aussi on a connu des saisons où le poisson était là et le prix restait en bas. La terre donne, mais c'est le reste qui coince. J'espère que la fête servira aussi à ça, à reconnecter les gens avec ceux qui produisent.