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SPL Estival : Alamélou entendu par les gendarmes pour malversations

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SPL Estival : Alamélou entendu par les gendarmes pour malversations

SPL Estival : Ludovic Alamélou entendu pour une série de malversations - Crédit Zinfos974 - Faits Divers


Ludovic Alamélou s'est présenté ce matin à la caserne de la Redoute pour être entendu par les gendarmes qui enquêtent sur des malversations financières commises au sein de la SPL Estival entre 2020 et 2023, période durant laquelle il en était le PDG. L'un des fondateurs de la société de gardiennage VPSP a également été convoqué dans le cadre de ces investigations.

L'ancien PDG avait jusqu'ici rejeté toute responsabilité dans le naufrage financier de la société, renvoyant la faute sur le directeur général des services et le directeur de cabinet de la Cirest dans une interview accordée à Zinfos974 en septembre 2023. Patrice Selly, président de la Cirest durant la période concernée, a lui aussi été entendu par les enquêteurs.

C'est la chambre régionale des comptes (CRC) qui avait mis au jour l'étendue des irrégularités, malgré l'incendie criminel ayant détruit le siège de la SPL dans la nuit du 17 au 18 juillet 2023, quelques jours seulement avant le début du contrôle des magistrats. Dans son rapport, la CRC pointait « la dégradation des résultats consécutive à des dérives multiples et à des erreurs de gestion que l'absence de contrôle de l'actionnaire majoritaire n'a pas permis de déceler en temps utile pour les empêcher ou les corriger alors même que le changement de statut de la société et la nomination d'un PDG étaient présentés comme un gage de plus grande transparence et de plus grande efficacité ».

Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Le déficit de la SPL Estival est passé de 204.910 euros en 2021 à 1,724 million d'euros en 2022, pour atteindre 3,2 millions d'euros au moment du placement en redressement judiciaire, en août 2023. Sur la même période, les effectifs ont grimpé de 90 salariés en 2018 à 124 en 2022, et les charges de personnel de 3,53 à 5,66 millions d'euros, sans que le nombre de postes de chauffeur, cœur de métier de la société, n'ait bougé.

Les malversations présumées auraient pris des formes variées : recrutements de complaisance, primes indues, compléments de salaire sans justification, et versements à des représentants du personnel jugés favorables à la direction. Des prestations de gardiennage réglées à l'avance, à hauteur d'environ 10.000 euros par mois, ont également été identifiées, pour un total avoisinant les 150.000 euros avec la société VPS, sans que leur effectivité n'ait pu être établie selon l'administrateur judiciaire.

D'autres dépenses ont retenu l'attention des enquêteurs. Des prestations de conseil en communication liées à « une campagne de mise en valeur des transports en commun des jeunes sur le territoire de la côte Est » ont été validées à hauteur de 60.000 euros au moins, auxquels s'ajoute une maquette écran facturée plus de 40.000 euros, alors que la SPL disposait de son propre service communication. Les locaux du siège de Bras-Panon ont coûté plus de 100.000 euros, bien qu'ils n'aient été effectivement occupés que deux ans après la signature du bail. Un montage locatif impliquant la Cirest et le groupe Alliau a par ailleurs conduit la SPL à payer un loyer de 8.800 euros pour un centre d'exploitation que la communauté de communes louait elle-même à l'opérateur privé pour 1.500 euros.

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9 commentaires

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R
Rafiki 11/08/2026 à 09:14

Drôle d'ironie quand même. La SPL s'appelait Estival, ça fait penser au soleil, à la belle saison, aux gens qui viennent découvrir le péi. Moi je passe mes journées à expliquer aux randonneurs que la Réunion c'est fragile, que chaque euro du tourisme doit servir à préserver ce qu'on a. Et là on apprend que l'argent public finissait en loyers gonflés et en maquettes écran que personne n'a jamais vues. C'est pas le genre d'histoire qu'on raconte fièrement aux visiteurs.

L
Lulu 11/08/2026 à 08:31

@Polo, out frère tu parles, moi j'ai passé trois ans à me lever à 4h du mat pour rembourser mon prêt food truck, j'avais même pas les sous pour refaire ma signalétique. Et là des gens se font payer des maquettes écran à 40.000 euros avec l'argent de la collectivité. Franchement ça donne envie de tout lâcher des fois.

L
Lastron-Leïla 11/08/2026 à 07:27

@Zoubi, wi, dans le péi les nouvelles voyagent vite, surtout les mauvaises ! Ce qui me saute aux yeux c'est la prestation comm à 60.000 euros plus une maquette écran à 40.000, alors que la SPL avait son propre service communication. Moi mes clients me demandent de justifier chaque ligne de devis, et là on valide 100.000 euros sans que ça choque personne à l'époque ?

P
Polo 11/08/2026 à 07:06

Le bail à 8800 euros pour un local que la Cirest prenait à 1500, moi j'aimerais bien avoir ce genre de marge sur mes prix de revient. Ici à Bras-Panon je me bats tous les jours pour gratter quelques centimes sur le kilo de boeuf, et là on parle de plus de 7000 euros de différence par mois qui partent dans la nature sans que personne bouge. L'argent public ça se gère pas comme ça.

M
Marie 11/08/2026 à 06:22

3,2 millions de déficit et un incendie quelques jours avant le contrôle, ça fait beaucoup de coïncidences pour une seule société. Bon courage aux enquêteurs.

M
Mamie Câline 11/08/2026 à 06:20

Ce qui me chagrine le plus dans tout ça, c'est que c'est les petits salariés qui ont perdu leur travail à la fin. Les chauffeurs, les gens du bas de l'échelle, eux ils ont rien demandé. Les responsables seront peut-être jugés un jour, mais ces familles-là ont déjà subi le naufrage. J'espère que la justice prendra le temps de regarder tout ça comme il faut.

Z
Zoubi 11/08/2026 à 06:12

Une cliente m'a parlé de cette affaire ce matin en pleine coupe, j'avais même pas encore lu l'article. Dans le péi-la, les nouvelles voyagent vite !

R
Roselyne 11/08/2026 à 06:06

On se demande où passe l'argent public des fois, nous dans les hauts on attend depuis des années un vrai réseau de transport pour descendre nos produits sans se ruiner. Et pendant ce temps des gens se font payer des loyers pareils.

J
Jean-Marc 11/08/2026 à 06:01

Moi j'ai jamais réussi à décrocher un contrat avec ces structures-là, pourtant j'ai des devis bien placés. Mais visiblement y'a d'autres façons d'entrer dans le système. 8800 euros de loyer pour un local que la Cirest prenait elle-même à 1500 euros, franchement ça fait mal à voir quand on est artisan et qu'on galère à boucler ses fins de mois.