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Pureté des cannes au Gol : la CGPER demande une expérimentation

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Pureté des cannes au Gol : la CGPER demande une expérimentation

Pureté des cannes : la CGPER veut des "faits" - Crédit Zinfos974 - Économie


La CGPER propose de soumettre les cannes transférées depuis le bassin de Bois-Rouge vers l'usine du Gol à une expérimentation séparée, pour vérifier si la baisse de pureté des jus invoquée par Tereos est bien à l'origine des problèmes de cristallisation constatés depuis le début de la campagne sucrière.

Dans un communiqué, le syndicat dit prendre acte des explications de l'industriel, mais s'interroge sur « la véritable origine de cette baisse de pureté ». Sa proposition : identifier, réceptionner et broyer séparément au Gol les cannes venant de Bois-Rouge, puis comparer les résultats d'analyses avec ceux habituellement observés dans ce bassin. Il s'agit de distinguer ce qui tient à la qualité intrinsèque de la canne de ce qui pourrait relever des conditions de traitement industriel à Bois-Rouge.

« Cette expérimentation permettrait d'apporter des éléments techniques précieux pour mieux comprendre les difficultés rencontrées cette campagne. Elle ne vise pas à désigner des responsables, mais à établir des faits », déclare Jean-Michel Moutama, président de la CGPER.

Le syndicat pointe plusieurs facteurs susceptibles d'expliquer la baisse de pureté observée : maturité des cannes, conditions climatiques, variétés cultivées, conditions de récolte, propreté des cannes livrées, délai entre la coupe et le broyage, ou encore conditions de traitement industriel. « Réduire cette question complexe à une seule cause serait une erreur », estime-t-il.

La CGPER rappelle qu'avant le lancement de la campagne, elle avait, avec l'UPNA, émis des réserves sur un démarrage anticipé, jugeant qu'une partie des cannes n'avait pas encore atteint sa pleine maturité. Les épisodes de pluie du début de campagne sont également cités comme facteur d'influence sur la qualité.

La démarche intervient dans un contexte de tensions au sein de la filière. La FDSEA avait réclamé une contre-expertise indépendante sur les protocoles de mesure de la pureté appliqués à Bois-Rouge, estimant que Tereos chercherait à faire porter aux planteurs la responsabilité des difficultés. La CGPER se démarque de cette position. « Notre démarche n'est dirigée contre personne. Elle est au service de la vérité technique, de la transparence et de l'intérêt des planteurs », assure Jean-Michel Moutama. Le syndicat invite Tereos, le CTICS, les représentants des planteurs et les partenaires de la filière à mettre en œuvre cette expérimentation « dans les meilleurs délais ».

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10 commentaires

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V
Vavangue 08/08/2026 à 12:29

@Roselyne, tu mets le doigt sur quelque chose d'important. Moi c'est pareil avec mes abeilles, les pluies de début d'année ont décalé les floraisons et ma production de miel de letchi a souffert. Les plantes i suivent la nature, pas les calendriers des usines. Ce qui me dérange dans cette histoire c'est qu'on entend Tereos expliquer la baisse de pureté, mais les planteurs qui connaissent leur terre, qui voient leur canne pousser saison après saison, on leur demande de prouver qu'ils ont pas tort. L'expérimentation de la CGPER va dans le bon sens, au moins ça remet les faits au centre.

K
KékéSurf 08/08/2026 à 12:13

J'y connais rien à la canne mais j'ai un associé qui vient d'une famille de planteurs au Tampon et il m'a expliqué le truc : récolter avant que la plante soit prête c'est comme surfer une vague qui n'est pas encore formée, ça finit toujours mal. L'expérimentation proposée, c'est un bon move.

J
JeanFrak 08/08/2026 à 11:26

Comme dit Naïma94, isoler la variable pour identifier la cause réelle, c'est une logique qu'on applique aussi en conception architecturale quand un sinistre apparaît sur un bâtiment. On ne désigne pas l'entreprise de gros œuvre avant d'avoir étudié les données du sol, les matériaux, les délais d'exécution. La CGPER adopte ici une posture rigoureuse que la filière aurait dû imposer bien avant que les tensions ne s'installent.

J
Jean-Marc 08/08/2026 à 10:16

C'est exactement le bon réflexe : avant d'accuser, on teste, on mesure, on compare. Dans le BTP c'est pareil, quand un chantier part de travers on isole le problème avant de pointer le sous-traitant. Ceux qui sautent aux conclusions sans données solides, ça crée des procès et ça règle rien. La CGPER a raison de vouloir des faits.

A
Anaëlle 08/08/2026 à 09:20

Je comprends bien l'idée de l'expérimentation, mais est-ce que ce genre de démarche a déjà été tentée dans d'autres filières sucrières en France ou ailleurs ? Ça m'intéresserait de savoir si la méthode proposée par la CGPER s'appuie sur des précédents ou si c'est vraiment innovant pour le secteur. On nous parle beaucoup d'innovation en agroalimentaire dans notre master, mais là c'est une innovation de process décisionnelle, pas technologique, et je trouve ça au moins aussi important.

R
Roselyne 08/08/2026 à 08:18

@Karambole, c'est tellement vrai ce que tu dis. Ici à Salazie on a eu des pluies à n'en plus finir en début d'année, et même nos chouchous qui connaissent ce climat depuis toujours ont souffert. Alors des cannes qu'on récolte avant leur heure sous ces conditions-là, ça m'étonne pas que les jus soient pas bons. Ce que demande la CGPER me paraît juste, parce que la plante elle attend pas les calendriers des usines.

N
Naïma94 08/08/2026 à 07:19

Je suis pas du tout dans ce secteur mais la méthode me parle, isoler une variable pour identifier la vraie cause du problème c'est exactement ce qu'on fait en diagnostic médical. Je me demande juste si Tereos a vraiment intérêt à ce que les résultats soient transparents, parce que dans ce genre de situation les industriels ne sont pas toujours pressés de montrer leurs données.

K
Karambole 08/08/2026 à 07:13

Ce que dit la CGPER sur la maturité des cannes, c'est exactement ce qu'on vit nous aussi en maraîchage : récolter trop tôt pour tenir un calendrier industriel, ça n'a jamais été une bonne idée. Les organismes de la plante i suivent pas un planning de bureau. Je comprends qu'ils avaient émis des réserves avant la campagne et qu'on les a pas écoutés, ça c'est le problème de fond dans ce péi-la, on écoute les planteurs après coup, jamais avant. L'expérimentation proposée est sérieuse, on verra si Tereos joue le jeu.

B
Bichik 08/08/2026 à 07:08

La filière canne traverse des tensions depuis des années. Ce qui change ici, c'est qu'on demande des faits avant de chercher des coupables.

L
Lulu 08/08/2026 à 07:02

Moi j'y connais rien à la cristallisation du sucre mais ce que je sais c'est que quand mon sucre de canne est de mauvaise qualité, mes bonbons piment et mes gâteaux patate i tiennent pas bien. C'est le client qui voit la différence en premier, avant tous les syndicats. En tout cas l'idée de faire un test séparé ça me semble logique, au moins on aura des réponses claires.