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Campagne sucrière à La Réunion : la Chambre d'agriculture accuse Tereos

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Campagne sucrière à La Réunion : la Chambre d'agriculture accuse Tereos

Campagne sucrière : la Chambre d'agriculture accuse Tereos de faire porter la responsabilité aux planteurs - Crédit Zinfos974 - Société


La Chambre d'agriculture de La Réunion a publié vendredi un communiqué mettant en cause la gestion de Tereos dans le bassin Nord-Est, où la campagne sucrière a été sérieusement perturbée ces derniers jours, jusqu'à la suspension totale des réceptions de cannes.

Selon l'organisation, tout a démarré la semaine dernière par un problème de cristallisation du sucre à l'usine de Bois-Rouge, qui a conduit l'industriel à ralentir les réceptions. Tereos aurait alors invoqué une qualité insuffisante des cannes, évoquant une « pureté » trop faible — une explication que les représentants de la filière ont accueillie avec scepticisme. La Chambre d'agriculture mentionne également une casse du tapis convoyeur de bagasse, imputée à Albioma, qui aurait dégradé la qualité des jus issus des cannes.

Les restrictions se sont ensuite enchaînées : plusieurs centres ont fermé les uns après les autres, jusqu'à l'arrêt complet. Pour le président de la Chambre d'agriculture, Olivier Fontaine, le schéma est connu — et les planteurs se retrouvent une fois de plus à porter une responsabilité qui n'est pas la leur.

« Je dénonce avec force ces positions inadmissibles associées à une prise en otage des planteurs. Il est particulièrement intolérable de mettre en avant l'unique responsabilité des agriculteurs que l'industriel tente visiblement de diviser », déclare-t-il.

Olivier Fontaine va plus loin et accuse Tereos d'instrumentaliser les divisions entre producteurs. « Après la fameuse « consanguinité capitalistique », Tereos se complait dans l'opposition des producteurs entre eux. Une méthode devenue une habitude de communication pour l'industriel qui démontre encore son absence totale de considération pour nos planteurs. En l'état, c'est bien l'industriel qui porte atteinte à « l'image de la filière dans son ensemble et non les producteurs de canne », conclut-il.

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7 commentaires

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K
Karambole 07/08/2026 à 12:47

Nous on coupe à la date, on livre à la date, et si la canne est bien entretenue elle est bonne. Qu'on vienne ensuite dire que c'est la qualité des cannes qui pose problème alors que c'est un convoyeur casse et un bug à l'usine, ça lé pa fasil à avaler. Les planteurs de canne méritent mieux que d'être le fusible chaque fois que l'industriel a un souci en interne.

S
Sébastien V. 07/08/2026 à 12:34

Le communiqué de la Chambre d'agriculture soulève des questions sérieuses, mais je resterai prudent avant de pointer un seul responsable. Dans tout litige entre un opérateur industriel et ses fournisseurs, les faits doivent être établis contradictoirement, et les déclarations publiques, même légitimes, ne remplacent pas cette étape. Ce qui est certain, c'est que la puissance publique et les collectivités qui accompagnent financièrement la filière canne ont toute légitimité à demander des comptes sur le fonctionnement de cette relation contractuelle.

P
Pti-Louis 07/08/2026 à 11:31

Dans la pêche c'était pareil, les gros bateaux fixaient les prix et toi t'avais qu'à suivre ou couler. Les planteurs, i fo qu'ils comprennent que ça changera pas tout seul.

K
Kelly 07/08/2026 à 10:17

Ce que décrit Olivier Fontaine, ce n'est pas seulement un conflit commercial, c'est un problème de management de la relation fournisseur. Faire porter la responsabilité à la partie la plus fragile du maillon, ça crée de la défiance et ça détruit le collectif sur le long terme. Dans n'importe quelle PME, si un manager utilisait ces méthodes en interne, on parlerait vite de risques psychosociaux. Là c'est à l'échelle d'une filière entière.

A
Anaëlle 07/08/2026 à 10:11

Est-ce qu'il existe un contrat ou un cadre légal qui protège les planteurs dans ce genre de situation, quand un industriel suspend les réceptions sans que la faute soit prouvée de leur côté ? Je pose la question sincèrement parce qu'en lisant l'article on comprend que ce scénario se répète, et je me demande quels recours existent concrètement.

Z
Zilo 07/08/2026 à 10:09

Sérieusement, un problème de cristallisation qui coule sur toute la chaîne jusqu'à fermer des centres de réception, c'est un bug critique niveau système. Et comme d'hab, c'est l'utilisateur final, le planteur, qui reçoit le message d'erreur. Tereos doit revoir son architecture de gestion des incidents, lé pa fasil de bosser avec un industriel qui refuse de tracer les vraies causes.

M
Maéva 07/08/2026 à 10:03

Ce qui me frappe dans cette histoire, c'est la communication de Tereos. Diviser les producteurs entre eux pour noyer le débat, c'est une stratégie qu'on voit aussi dans le business en général, et ça ne trompe plus grand monde. Les planteurs auraient tout intérêt à se fédérer et à parler d'une seule voix, comme une vraie marque collective. La force d'une filière, ça se construit sur l'unité, pas sur les divisions que d'autres orchestrent.