Tereos a publié un communiqué pour répondre aux critiques syndicales sur le ralentissement de la campagne sucrière dans le bassin de Bois-Rouge. L'industriel affirme que la sucrerie « n'est confrontée à aucune casse ni aucune panne mécanique susceptible de perturber son processus de fonctionnement ».
La cause du ralentissement serait ailleurs. Tereos l'attribue à « une forte chute de la pureté des cannes à sucre mesurée par le CTICS dans les chargements livrés par les planteurs », des niveaux jugés « très en dessous des moyennes historiques ». Ce phénomène resterait propre au bassin de Bois-Rouge : aucune anomalie comparable n'est signalée au Gol.
Dans un message adressé en fin de journée aux planteurs, Tereos a annoncé la fermeture du centre de réception de Bois-Rouge ce vendredi, qui s'ajoute aux fermetures déjà prévues de Ravine Glissante et de Pente Sassy. La reprise est fixée au lundi 10 août aux horaires habituels.
Tereos reconnaît par ailleurs un arrêt effectif de l'usine les 30 et 31 juillet, à la suite de la casse du tapis convoyeur de bagasse à la centrale Albioma. Cet arrêt a, selon l'entreprise, encore dégradé la qualité des jus issus des cannes, dont le traitement nécessite plusieurs jours avant un retour à un fonctionnement normal.
L'entreprise indique avoir régulièrement tenu informés les co-présidents des commissions mixtes d'usine des évolutions de la situation. Elle regrette « les communications intempestives qui nuisent à la compréhension des sujets techniques et plus largement à l'image de la filière dans son ensemble ».


3 commentaires
La casse du tapis convoyeur chez Albioma, c'est pas un détail, ça. Deux jours d'arrêt complet sur une campagne qui dure ce qu'elle dure, on rattrape pas ça facilement. Et quand la qualité des jus est dégradée, ça impacte les tonnages de sucre exportés, donc au final c'est la chaîne entière qui trinque, jusqu'au fret. On voit des situations comparables à Maurice où les aléas de campagne finissent par se répercuter directement sur les volumes traités au port. La filière réunionnaise a vraiment besoin d'une meilleure résilience industrielle, pas juste des communiqués qui se rejettent la faute.
Toutes les crises, même industrielles, sont une opportunité de mieux se parler. J'espère que planteurs et industriels vont trouver un espace de dialogue sincère, parce que la canne c'est quand même l'identité de notre péi.
Ce que je trouve intéressant, c'est la manière dont Tereos tente de déplacer la responsabilité vers la qualité des matières premières plutôt que vers les équipements. En Bretagne, j'avais vu des sucreries faire face à des problèmes similaires de variation de pureté en fin de campagne, mais la communication syndicats-direction était beaucoup plus transparente. Ici, on a l'impression que les deux camps parlent chacun de leur côté sans vraiment se coordonner. La distinction Bois-Rouge vs Le Gol est quand même un indice technique important, ça mérite qu'on creuse.