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Cristallisation et fermetures : Bois-Rouge plonge dans la crise

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Cristallisation et fermetures : Bois-Rouge plonge dans la crise

Canne : Bois-Rouge (de nouveau) au ralenti, les planteurs en colère  - Crédit Zinfos974 - Société


L'usine de Bois-Rouge traverse une nouvelle crise, au pire moment. Ce jeudi, Tereos a annoncé aux planteurs la fermeture tournante de plusieurs centres de réception jusqu'à samedi, en raison de difficultés de cristallisation qui paralysent à nouveau la sucrerie de l'Est.

Dans son message aux planteurs, l'industriel explique que « le traitement des cannes dégradées du week-end et les puretés faibles actuelles génèrent des difficultés de cristallisation et un engorgement de la sucrerie ». Les centres de Beaufonds et de La Mare sont fermés ce jeudi, les livraisons sur le site de Bois-Rouge limitées avec des quotas réduits pour les cannes tronçonnées. Vendredi, Ravine Glissante et Pente Sassy fermeront à leur tour. Samedi, aucune réception ne sera assurée.

Le coup est d'autant plus mal vécu que le retour du beau temps avait redonné de l'élan à la campagne. Les richesses remontaient, les tonnages livrés progressaient. Voir les centres fermer dans ces conditions alimente une frustration qui couvait depuis plusieurs semaines, après les premières difficultés de cristallisation et la panne du convoyeur de bagasse à la centrale d'Albioma.

Frédéric Soubou, élu CGPER à la Commission mixte d'usine de Bois-Rouge, réclame la convocation rapide d'une CMU d'urgence pour obtenir des explications et trouver des solutions durables. William Orange, président de la CMU de Beaufonds, appelle Tereos à « prendre ses responsabilités » face à une situation qui fragilise les exploitations.

L'UPNA est passée à l'acte. Son président Dominique Clain a adressé ce jeudi un courrier au préfet Patrice Latron pour demander une réunion d'urgence réunissant l'ensemble des acteurs de la filière. Le syndicat pointe des dysfonctionnements aux « lourdes conséquences pour les agriculteurs, les livraisons n'étant plus assurées dans des conditions normales » et alerte sur les problèmes de trésorerie des exploitations, qui doivent continuer à honorer salaires, remboursements d'emprunts, cotisations et fournisseurs.

La FDSEA ne mâche pas ses mots. Dans un communiqué, elle dénonce une « gestion calamiteuse » de Bois-Rouge et juge que, malgré trois changements successifs de directeur, « la gestion de la sucrerie brille par son impréparation ». Le syndicat dit avoir demandé sans succès la tenue d'une Commission paritaire canne et sucre (CPCS) d'urgence depuis le début de la campagne, et déplore le « silence total » du président côté planteurs de cette instance. Il réclame la convocation immédiate de la CPCS, l'arrêt des fermetures de centres et une « compensation financière intégrale des pertes subies par les planteurs, qu'il s'agisse de la dégradation des cannes, de l'immobilisation du matériel ou des pertes de rendement ».

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9 commentaires

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J
Jean-Claude B. 06/08/2026 à 14:11

Moi j'ai eu un planteur de Beaufonds dans ma voiture ce matin, il m'a dit qu'il avait chargé son camion à 4h pour rien, qu'on lui a pas laissé rentrer au centre. Il était pas en colère, il était fatigué, c'est pire. Trois directeurs en quelques années et on en est là, les domoun dans les bas ils ont bien compris que ça change de tête mais pas de méthode.

P
Polo 06/08/2026 à 13:58

@Marie, les problèmes de trésorerie c'est pas que chez les planteurs. Moi mes fournisseurs attendent pas non plus. Ce que je vois c'est que dans cette filière comme dans la mienne, y'a des grands groupes qui gèrent à la grosse et des petits qui absorbent toutes les pertes.

V
Vavangue 06/08/2026 à 13:28

Mes abeilles n'ont pas de contrat avec une sucrerie, elles, elles butinent la canne en fleur sans attendre l'accord de personne. Mais je comprends trop bien la détresse de ces planteurs : moi aussi j'ai des saisons qui font tout espérer et puis un grain de sable dans la machine qui fait tout basculer. La différence c'est que quand mon extracteur tombe en panne, ça n'impacte que mes ruches. Là c'est toute une filière qui attend devant des centres fermés avec des cannes qui vieillissent dans les champs.

M
Mamie Câline 06/08/2026 à 12:32

Nous à Cilaos on est loin de tout ça, mais nos familles dans les bas ont des champs de cannes et on sait bien ce que c'est que d'attendre une saison qui tarde à bien se passer. Les planteurs qui doivent payer leurs salariés et leurs dettes sans pouvoir livrer leurs cannes, ça fait mal au coeur. J'espère que les responsables vont se mettre autour d'une table vite, pas seulement s'envoyer des courriers.

M
Margaux 06/08/2026 à 11:24

Je ne connaissais pas le fonctionnement des centres de réception avant de lire cet article. En métropole on entend parler de l'industrie sucrière de manière très abstraite, mais là on voit concrètement ce que ça veut dire quand une sucrerie s'engorge. Est-ce que ce type de crise arrive souvent en cours de campagne, ou c'est vraiment exceptionnel cette année ?

R
Roselyne 06/08/2026 à 11:18

Ici à Salazie on suit ça de loin mais on comprend bien la situation. Le beau temps revient, les gens espèrent rattraper la saison, et là les centres ferment. C'est toujours pareil, quand la météo veut bien coopérer c'est l'outil industriel qui lâche. Les familles de l'Est qui dépendent de la canne pour boucler l'année, elles font comment là ?

M
Marie-Hélène 06/08/2026 à 11:15

Ce qui est frappant dans cet article, c'est la multiplicité des instances sollicitées en urgence : CMU, CPCS, préfet. Cela témoigne d'une gouvernance de la filière qui peine à anticiper et à coordonner en situation de crise. La canne sucrière est pourtant un pilier historique de l'économie réunionnaise, avec toute la charge sociale que cela représente pour les familles des hauts comme des bas. On peut espérer que les demandes de convocation d'urgence aboutissent à des réponses structurelles et non à de simples réunions de façade.

B
Bichik 06/08/2026 à 11:07

Trois changements de directeur et toujours les mêmes problèmes. Bois-Rouge lé pa fasil depuis bien longtemps.

M
Marie 06/08/2026 à 11:00

Ce qui me frappe c'est les problèmes de trésorerie. Salaires, emprunts, fournisseurs à payer et plus de cannes qui rentrent, c'est le cauchemar de tout chef d'exploitation. J'espère qu'il y a un accompagnement concret derrière les courriers au préfet, pas juste des réunions.