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Cogedal, seule minoterie de La Réunion avec 70 % du marché

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Cogedal, seule minoterie de La Réunion avec 70 % du marché

La Cogedal, le moulin industriel derrière le pain des Réunionnais - Crédit Zinfos974 - Économie


La Cogedal couvre environ 70 % du marché réunionnais de la farine. Sur un volume total estimé à près de 32 000 tonnes par an, la minoterie de Saint-Pierre en a commercialisé un peu moins de 25 000 tonnes en 2025. Fondée en 1973, la Compagnie Générale d'Alimentation est implantée dans le Sud de l'île depuis plus de cinquante ans et demeure à ce jour la seule unité de meunerie du territoire.

Le blé qu'elle transforme est sélectionné en métropole, puis importé et stocké dans les silos de la CCIR au Port. Des camions l'acheminent chaque jour vers le site de Saint-Pierre, où débute la transformation : nettoyage, tri magnétique, épierrage, brossage, humidification, puis mouture. Les sous-produits du broyage sont acheminés vers l'URCOOPA pour la fabrication d'aliments pour animaux. La farine est ensuite conditionnée en vrac, en sacs de 25 kg à destination des professionnels, ou en paquets d'un kilogramme pour les particuliers.

L'outil industriel a été renouvelé à 95 % en 2014, selon l'entreprise, avec des équipements Bühler, référence mondiale dans le secteur. « On est sur de la technologie de pointe », dit Nicolas Ruiz, responsable commercial de la Cogedal. Les investissements ont continué depuis : une nouvelle ligne d'ensachage pour les sacs de 25 kg a été installée il y a environ un an, et l'ensacheuse d'un kilogramme remplacée il y a trois ans. La capacité d'écrasement a également été augmentée pour éviter un fonctionnement en continu sept jours sur sept.

La gamme comprend plusieurs types de farines aux standards français : T45 pour la pâtisserie, T55 pour les usages courants, T65 pour la panification, T150 en version intégrale. Distribuées en grandes et moyennes surfaces sous la marque Le Meunier de Bourbon, elles approvisionnent aussi des boulangeries artisanales, des boulangeries industrielles, ainsi que des fabricants de bouchons, de samoussas ou de pizzas. « Nous avons la chance de travailler avec toutes les typologies de clients », déclare Nicolas Ruiz.

L'entreprise dispose également d'un poste de boulanger dédié à la recherche et au développement, occupé par Brice Vizler, champion du monde de boulangerie aux Abilympics en 2003, compétition réservée aux personnes en situation de handicap. Sa mission : tester chaque farine produite au moulin selon un protocole strict, sans variation. « Je teste toutes les farines qui sont fabriquées au moulin pour assurer la qualité toute l'année », explique-t-il. « Il faut respecter le protocole de A à Z sans rien changer. » Des ateliers de mélange permettent par ailleurs de formuler des préparations sèches pour pains spéciaux ou pâtisserie.

La Cogedal emploie 44 salariés en CDI, répartis entre production, qualité, formulation, logistique, commerce et administratif. L'entreprise estime à un peu moins d'une centaine le nombre d'emplois indirects générés par son activité. « Cela a permis de développer des métiers qui n'existaient pas. N'ayant pas de blé, il n'y avait pas de farine ni de meunier », rappelle Nicolas Ruiz.

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4 commentaires

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Olivier 03/08/2026 à 05:16

Le modèle coopératif de l'URCOOPA qui récupère les sous-produits du broyage pour l'alimentation animale, ça c'est une bonne intégration de filière. On fait un peu pareil avec nos résidus de canne. Ce qui me questionne quand même, c'est que toute la matière première vient de métropole : si les prix du fret ou du blé s'envolent ankor comme en 2022, qu'est-ce qui se passe pour les boulangeries artisanales ici ? Elles ont une marge de manoeuvre vraiment très réduite.

P
Pti-Louis 03/08/2026 à 05:14

70 % du marché dans les mains d'une seule société depuis 1973... dans la pêche on appelait ça avoir la mer pour soi tout seul. C'est confortable jusqu'au jour où la mer se retourne.

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Marie 03/08/2026 à 05:06

44 salariés en CDI pour une seule entreprise, chapeau ! Et une centaine d'emplois indirects en plus, ça se voit pas toujours mais ça compte vraiment pour le péi.

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Marie-Hélène 03/08/2026 à 05:03

Ce qui me frappe dans cet article, c'est la notion de dépendance alimentaire que cette situation illustre bien : La Réunion ne produit pas de blé, importe sa matière première, et une seule entreprise transforme l'essentiel de ce que nous consommons comme farine. C'est un fait géographique et économique, certes, mais il mériterait d'être mis en regard des travaux sur la souveraineté alimentaire des territoires insulaires. Je suis curieuse de savoir si la Cogedal collabore avec des établissements scolaires ou de formation professionnelle, notamment dans la filière boulangerie-pâtisserie.