Espace membre :

Suivez-nous

CFDT Make Distribution exige des garanties emploi après la fusion Leader Price-Run Market

Partager sur :
CFDT Make Distribution exige des garanties emploi après la fusion Leader Price-Run Market

Rapprochement Leader Price-Run Market : la CFDT réclame des garanties pour les salariés - Crédit Zinfos974 - Société


La CFDT Make Distribution a publié ce lundi un communiqué pour réclamer des garanties sur l'emploi et les conditions de travail, quelques jours après que l'Autorité de la concurrence a autorisé le rapprochement entre le groupe Caillé et le groupe mauricien IBL.

Le 31 juillet, l'Autorité de la concurrence a donné son feu vert à la prise de contrôle conjointe de Caillé Grande Distribution, qui exploite les magasins Leader Price, et de Make Distribution, propriétaire des hypermarchés Run Market. L'opération doit regrouper plus d'une cinquantaine de points de vente. L'autorisation a été accordée sous condition d'engagements d'IBL sur la distribution des boissons Coca-Cola, afin de préserver la concurrence sur le marché réunionnais.

Corbeau Mario, délégué syndical central CFDT de Make Distribution, dit prendre acte de la décision, mais prévient qu'elle « ne saurait en aucun cas être interprétée comme un blanc-seing donné aux directions pour restructurer sans concertation ni garanties pour le personnel ».

Sur l'emploi, le syndicat est sans ambiguïté : il pose la question comme « une ligne rouge non négociable ». La CFDT rappelle que les salariés ont déjà traversé le plan de sauvetage de 2023 et refuse qu'ils « fassent les frais d'une opération de rapprochement présentée comme vertueuse pour les consommateurs ». Elle réclame des « engagements écrits et vérifiables sur le maintien de l'intégralité des emplois, sans plan de licenciement déguisé en réorganisation ».

Sur les conditions de travail, la CFDT estime que la modernisation annoncée des magasins « ne peut se construire sur le dos des salariés » et demande le maintien des conditions actuelles, ainsi qu'une revalorisation salariale « à la hauteur des efforts déjà consentis par le personnel ces dernières années ».

Le syndicat exige par ailleurs qu'« aucune décision structurante » concernant l'organisation, les enseignes, les statuts collectifs ou la gouvernance sociale « ne peut être prise sans une association réelle et continue des représentants du personnel ». Il demande à être reçu rapidement par les directions de Caillé et d'IBL pour obtenir un calendrier précis des discussions, et n'exclut pas de recourir à « tous les moyens d'action, y compris les mobilisations collectives » si les garanties demandées ne sont pas apportées.

Source

7 commentaires

Écrivez votre commentaire...
Z
Zoubi 03/08/2026 à 09:41

@Naïma94, tu as tellement raison. J'ai une cliente qui travaille en caisse à Run Market depuis des années, elle m'a parlé du plan de 2023 la tête dans le lavabo, c'était pas une période facile. Là depuis l'annonce elle me dit qu'au magasin domoun i savent pas trop kosa i va se passer, et le silence des directions arrange personne.

Z
Zilo 03/08/2026 à 09:12

Honnêtement cette fusion c'est un peu comme deux servers qui mergent : techniquement ça tient sur le papier, mais si la migration est mal gérée les users trinquent en premier. Les salariés c'est les users là, et le syndicat a raison de pas laisser passer ça sans doc technique, j'veux dire sans engagements écrits.

P
Patrick974 03/08/2026 à 08:24

La vraie question que cet article ne pose pas encore, c'est celle des doublons. Quand deux réseaux de distribution aussi importants se rapprochent sur un marché aussi contraint que La Réunion, la pression sur les fonctions support, la logistique et l'encadrement intermédiaire est quasi mécanique. Les directions peuvent promettre de ne pas toucher aux emplois en magasin tout en restructurant massivement en back-office, et rester techniquement dans les clous. Ce type d'engagement écrit réclamé par la CFDT est utile, mais il faut aussi savoir ce qu'on met exactement dedans pour qu'il ne soit pas vidé de son sens avant même d'être signé.

B
Bichik 03/08/2026 à 08:16

On a déjà vu des fusions annoncées comme vertueuses pour le consommateur finir autrement pour les employés. Rien de nouveau sous le soleil du péi.

N
Naïma94 03/08/2026 à 08:14

Quand j'ai posé mes valises ici y'a sept ans, Run Market c'était un repère pour beaucoup de familles autour de Saint-Pierre. Les gens qui bossent là-dedans ont traversé le plan de 2023, et maintenant une fusion par-dessus. Je comprends que le syndicat tire la sonnette d'alarme, les salariés du commerce ici comme ailleurs ne sont pas à l'abri d'une réorganisation qui ressemble à du licenciement propre.

L
Lastron-Leïla 03/08/2026 à 08:09

Ce qui m'interpelle c'est que la communication des deux groupes est quasi inexistante depuis l'annonce. Aucun message aux salariés en public, rien sur les réseaux. Dans ce vide, le syndicat occupe tout l'espace narratif, et franchement i fo pas s'étonner que l'inquiétude monte. Une fusion de cette taille ça se gère aussi en comm interne, ça s'anticipe.

T
Thierry Lebon 03/08/2026 à 08:02

Un point mérite d'être précisé pour les lecteurs : l'Autorité de la concurrence ne se prononce que sur les effets anticoncurrentiels d'une opération, elle n'a aucune compétence sur les questions sociales. Les garanties emploi réclamées par la CFDT relèvent d'une procédure tout à fait distincte, celle de l'information-consultation des instances représentatives du personnel. Ce sont deux choses que l'on a tendance à confondre dans le débat public, et il vaut mieux ne pas mélanger les deux registres.