Une panne sur le convoyeur à bagasse de la centrale thermique d'Albioma a paralysé le broyage à l'usine de Bois-Rouge. L'incident, révélé lors de la Commission mixte d'usine réunie ce jeudi matin, vient s'ajouter aux difficultés de cristallisation qui avaient déjà contraint à fermer les centres de réception mercredi et jeudi.
« Le gros souci aujourd'hui, c'est Albioma », résume Frédéric Soubou, élu CGPER à la CMU de Bois-Rouge. « Ce n'est pas un problème de production de vapeur, mais une panne sur le convoyeur qui achemine la bagasse vers les chaudières. Comme la bagasse ne peut plus être évacuée de l'usine, le broyage est à l'arrêt. »
Malgré cela, Tereos a décidé d'ouvrir exceptionnellement l'ensemble des centres de réception vendredi matin, de 6 heures à midi. L'objectif est circonscrit : permettre aux planteurs d'écouler les remorques déjà chargées et de déstocker partiellement les exploitations. Les cannes livrées seront stockées sur la plateforme dans l'attente de la reprise du broyage. Environ 4 000 tonnes s'y trouvent déjà.
Les équipes d'Albioma travaillent à la réparation du convoyeur. Une réponse sur la remise en service est attendue vendredi en fin de journée. Si le feu vert est donné, l'usine prévoit de tourner au maximum de ses capacités tout le week-end, dimanche compris, pour résorber le retard et retrouver un rythme normal en début de semaine prochaine.
L'incident survient au moment où la campagne reprenait de la vitesse. Les livraisons avaient dépassé les 30 000 tonnes la semaine précédente, soit près de 7 000 tonnes par jour dans le bassin de Bois-Rouge. La richesse moyenne reste toutefois limitée à environ 12 points sur ce bassin.
La FDSEA a réagi par communiqué, dénonçant une accumulation de pannes et une gestion « au compte-gouttes » de la campagne par l'industriel. Le syndicat juge insuffisante la réouverture limitée à une demi-journée et reproche à Tereos l'absence de visibilité pour les prochains jours. Il réclame « une transparence immédiate sur l'état réel des réparations du convoyeur », un « plan clair et garanti pour les jours à venir, et non des mesurettes valables quelques heures », ainsi que « l'assurance formelle que les pertes subies par les agriculteurs du fait de ces arrêts à répétition seront intégralement compensées ». Un nouveau point d'information doit être transmis aux représentants des planteurs au fil de l'évolution de la situation.


5 commentaires
C'est quand même bizarre qu'on apprenne tout ça via la presse et pas via une communication directe d'Albioma ou de Tereos vers les planteurs. Un simple point quotidien sur un groupe WhatsApp ou un SMS groupé, c'est faisable non ? Le manque de visibilité que dénonce la FDSEA, lé pa fasil à accepter quand t'as des remorques chargées qui attendent.
Les pannes, ça arrive. Ce qui arrive moins souvent, c'est les explications claires. Dans mon ancien métier, quand le moteur lâchait en mer, on prévenait tout le monde et on rentrait au port. Là on dirait que chaque information sort au compte-gouttes, comme dit la FDSEA.
4 000 tonnes en attente sur la plateforme et une richesse moyenne à 12 points, ça représente quand même un manque à gagner non négligeable pour les planteurs. Chaque jour d'attente peut faire baisser ce taux, la canne continue de perdre du sucre après la coupe. J'espère que les contrats intègrent une clause de dépréciation dans ce genre de situation.
La FDSEA réclame une compensation intégrale des pertes, mais sur quelle base juridique exactement ? Le contrat entre planteurs et Tereos prévoit quoi en cas d'arrêt technique imputable à un tiers comme Albioma ? Ce serait utile d'avoir un juriste qui précise, parce que "compensation intégrale" ça veut pas dire grand chose sans texte derrière.
La canne qui croupit en attendant que le convoyeur reparte, c'est pas glop. On parle de milliers de tonnes qui fermentent sur les plateformes, ça me rappelle les filets qu'on laisse trop longtemps en mer. Y'a un moment où la perte est inévitable.